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Le
formateur médiateur Qu’est-ce
qu’un formateur médiateur
? À partir d’un
projet de formation – un syllabus de
cours – les tâches du formateur médiateur consistent
à identifier un angle d’approche tenant compte des
méthodes de la science à enseigner, et adapté aux
apprenants rencontrés ;
puis à chercher l’information pertinente pour
résoudre les divers problèmes
présentés, à la trier, l’organiser et la
mettre en forme – à
« l’éditorialiser » pourrait-on
dire – selon
l’orientation spécifique aux objectifs de formation, pour
enfin la
relayer, l’enseigner et la faire apprendre aux étudiants.
Le
formateur médiateur ayant ainsi démontré par
l’exemple la façon de faire, il
expose ensuite l’étudiant à une situation de
« problèmes à résoudre ».
Cette étape comprend des tâches à réaliser
selon une séquence ordonnée (à
l’apprenant de construire sa propre séquence
ordonnée par mimétisme, analogie,
opposition, transfert, démarche holistique, heuristique) afin
d’atteindre un
résultat donné (exemples : la présentation
d’une solution aux problèmes donnés,
la réalisation d’une tâche complexe ou la production
d’une œuvre). Ce processus
témoignera des apprentissages réalisés, des
habiletés acquises, des attitudes
maîtrisées, lesquels deviendront autant
d’« outcomes –
compétences » en fin de parcours de formation.
Un formateur médiateur présente de multiples
visages : il est formateur, enseignant, bibliothécaire -
documentaliste, concepteur
d’exposition, rédacteur, etc. mais
aussi vérificateur, contrôleur, remédiateur et évaluateur,
etc. Son but est notamment de faire utiliser – comprendre –
l’information, la
connaissance, la science et ses méthodes, d’expliquer un
concept et d’en faciliter
l’assimilation. Compte tenu du maelstrom d'informations
qu’offre Internet, cet
aspect du travail du médiateur formateur prend aujourd’hui
une grande
importance. Les tâches de chercher
– trouver l’information, de la sélectionner (la
choisir en fonction de sa
pertinence), de la trier, de la classer-ranger-stocker, de la valider,
de
l’analyser, de l’interpréter, de la comparer et de
la confronter constituent
autant d’étapes importantes dans le procès
de travail intellectuel. Ces
méthodes de travail, ce savoir-faire sont
infiniment plus précieux que l’information
elle-même, car c’est ce travail qui
tire la connaissance de sa gangue tel un minerai précieux pour
en façonner un
trésor…le savoir observable via les compétences. Tel étant le
rôle du formateur médiateur, son portfolio devient alors un
classeur « intelligent » (aussi intelligent que
son concepteur et que
son usager peuvent l’être) indispensable
à ce processus de travail intellectuel,
soit la transformation de la matière brute que l’on
appellera les données – les
informations non traitées – non triées (en vrac)
comprenant de nombreuses
scories, en un produit ouvré : l’œuvre
mathématique, culturelle,
scientifique, artistique, linguistique, politique, sociologique,
philosophique,
phénoménologique, épistémologique, soudage,
charpente, manifestant à l’évidence les
compétences de son auteur (1).
Les compétences Ici l’entreprise et/ou
l’employeur s’affirment
préoccupés par le développement et
l’évolution des compétences de leurs
employés.
Que souhaiter de mieux ? L’institution d’enseignement
doit impérativement
tenir compte des compétences requises pour chaque profil de
formation qui
permettra à l’étudiant d’aspirer à un
emploi à défaut d'en trouver un ; de son
côté il est entendu que l’institution d'enseignement
doit amalgamer ces compétences
spécifiques –
professionnelles – aux compétences plus
générales – dites transversales – d’ordre
civique, social,
culturel, moral et politique requises pour et par un citoyen apprenant,
qui travaille et
s’engage dans son milieu. Le référentiel
des compétences formera la base organisationnelle,
le substrat du portfolio
numérique de chaque étudiant ainsi que le fil
d’Ariane reliant chaque portfolio
individuel à l’outil de gestion de tous les portfolios de
l’institution. Le
portfolio numérique Le E-portfolio
– portfolio numérique – peut être l’outil
numérique de recherche des
informations à l’état brut ou ouvré,
semi-traitées
ou traitées –
transformées – (3). Mais ce sera surtout un lieu de stockage (un magasin et un entrepôt), un
instrument de gestion
des réserves
et des entrepôts de connaissances (système informatique de
gestion des stocks
pour savoir les retrouver juste à temps). Le portfolio
numérique est outil de suivi du processus et des
procédés de
manipulation, traitement et
transformation des données en connaissance (la
manufacture du savoir) ainsi qu’un lieu d’exposition (affichage de type Dazibao,
dynamique, sonore et visuel, tri -
dimensionnel) des œuvres achevées disponibles sur le
marché des connaissances
et de l’enseignement des savoirs (4). Le portfolio numérique n’est qu’un outil –
rien qu’un outil – mais extrêmement puissant,
efficace, souple et polyvalent,
présentant une grande prégnance face à des
enseignants présentant une grande
résilience. Le portfolio numérique personnel est à
la fois le lieu du
curriculum vitae (CV) ;
du plan de mise à jour
et du projet de formation
continue (lecture, visionnement, apprentissages en cours et
formation à venir
pour la remédiation notamment, etc.) ; d’affichage et
d’exposition des œuvres
achevées; le lieu du questionnement
et des bilans occasionnels de
l’apprenant et
des commentaires de ses enseignants ; un carrefour de convergence et
de mise en commun avec des collaborateurs circonstanciels ou usuels (5). Le
portfolio numérique
peut et doit servir à l’apprentissage,
à la présentation
et à l’évaluation.
La partie apprentissage peut
se fractionner en phases de planification,
de présentation des
manifestations
d’apprentissage, de réflexion
sur les processus en cours d’acquisition et d’évaluation
formative puis,
en fin de parcours, d’évaluation sommative. Le
processus d’évaluation
formative lui-même, ne l’oublions pas, constitue à
proprement parler une étape
dans le procès
d’apprentissage réflexif
(raisonner sur sa méthode, sa façon de faire, ses
habiletés d’artisan du savoir). La
portabilité
administrative autant que technique
ayant été assurées et garanties alors le portfolio
numérique offre un espace
virtuel de partage, d’échanges, de collaboration entre le ou les
professeurs et l’étudiant et aussi
avec ses pairs. Cette faculté de portabilité
présente à la fois une occasion
d’accéder à des flux multiples
de données et un écueil
(problèmes
techniques de compatibilité des formats, de droits
d’auteur, de
confidentialité, de respect de la vie privée, etc.) dans
la gestion de ces flux
multiples de données. Il
fut un
temps où trouver et traiter de grandes quantités de
données constituaient le
défi de la recherche et de la formation. Aujourd’hui le
défi de la formation
est de trier, sélectionner, valider l’information puis
d’en effectuer le
traitement adéquat, de l’organiser, de la stocker,
d’en interpréter les
résultats et enfin de les présenter.
La
portabilité Le portfolio
numérique peut jouer pleinement son rôle d’outil
d’apprentissage, de
présentation et d’évaluation dans la mesure
où l’implantation institutionnelle de
ce système informatique respecte un certain nombre de
contraintes et de conditions
qui en assureront la portabilité au sein de l’institution
elle-même ainsi qu’entre
les institutions (6). Une fois réglé
le problème technique
de l’échange
et du transfert des données numériques, la contrainte la
plus facile selon
nous, il faut s’attaquer aux problèmes de la gouvernance
et des « cercles de confiance » qui
permettront de jauger l’éventuel visiteur d’un
espace de travail virtuel et
d’évaluer les permissions à lui accorder
ou non. Ensuite, il faudra s’assurer de la portabilité
référentielle, c’est-à-dire
du vocabulaire commun à partager de façon que
la compréhension des rubriques puisse converger (la formulation
des compétences
propres à une discipline ou communes à nombre de
disciplines, les critères
d’appréciation – évaluation de la
maîtrise de ces compétences, modes de
présentation – représentation de ces
résultats – et l’exposition des
« outcomes »
sous différentes formes tel un bulletin – un portfolio des langues, etc.).
Seront abordés
ici les problèmes de compétences,
d’habiletés
et d’attitudes – comportements – à
acquérir au cours du processus de formation et de ses modes
d’évaluation sans
négliger évidemment la valorisation des acquis
d’expériences (VAE).
Seulement alors pourra-t-on
s’atteler au problème de la certification, sources, responsabilité de
l’évaluation, authenticité
des données, droits d’auteur, protection de la signature
électronique, etc. Les
outils du portfolio Le portfolio a
pu et peut n’être que feuilles – cartons –
cartables, mais il est aujourd’hui
préférable de l’imaginer totalement
numérique. Devrait-il en outre incorporer
une gamme étendue d’outils de travail intellectuel
(chiffrier, traitement de
texte, éditeurs graphique et vidéo, présentateur
(Power Point), gestionnaire du
temps et annuaire, système de télécommunication
par courriel et téléphonie en
ligne) ? Nous ne le croyons pas. Il est préférable que le formateur et l’étudiant conservent à part les outils numériques qu’ils ont l’habitude d’utiliser et qu’ils maîtrisent déjà amplement. Nous sommes d’avis que le portfolio doive se concentrer sur la gestion du résultat – le produit en cours de réalisation (apprentissage) ou alors terminé, l’œuvre achevée – le fichier numérique représentant ces solutions – et sur la sauvegarde de la démarche de réalisation et les réflexions qui l’accompagnent. Somme toute le
portfolio numérique ne devrait être qu’un immense
système de gestion des compétences, des
manifestations de leur maîtrise, des
habiletés, des démarches, des résultats d’un
grand nombre d’étudiants oeuvrant
sous la coordination d’un grand nombre de formateurs –
médiateurs dans un temps donné selon un fil continu et
multiple de voies de formation dans un établissement
informatisé où outils
numériques et finalités de formation se complètent
(7). http://www.robertbibeau.ca/Fede/schema.html _________________________________________________ (1) http://www.iloubnan.info/fr/video/id/160/titre/Tippex:-publicit%C3%A9-r%C3%A9volutionnaire |