Come aiutare i bambini a non perdere le occasioni di lettura

International seminar- Associazione Italiana Biblioteche

Roma, EUR-Palazzo dei Congressi

25 octobre 2000

Robert Bibeau

 Une expérience canadienne


Introduction

 

Les jeunes canadiens sont assaillis de toute part par la télévision et les médias électroniques qui déforment littéralement leur capacité de lecture et de compréhension des messages écrits.

 

" On peut se demander si les spots publicitaires (et les séries télévisées) constituent des îlots de repos et de jeu dans un flot d'informations stimulantes et exigeantes ou bien, au contraire, si ces messages sont les marques représentatives d'une production audiovisuelle tout entière vouée au banal et au prévisible "

 

La grande majorité de la production télévisuelle impose un modèle de relation au message, et au sens du message, qui est en contradiction formelle avec celui auquel convie la lecture. Lire et aimer lire, c'est nécessairement avoir le courage d'affronter l'inconnu…Ouvrir un livre déclenche à la fois de l'excitation et de l'anxiété. Excitation à la perspective de découvrir et d'apprivoiser un monde différent, parfois étrange; anxiété parce que cette conquête et cette découverte ne sont pas d'emblée assurées. Il y a le risque de ne pas comprendre ou de ne pas découvrir.

 

Dans les séries télévisées tout est fait pour que cela ne se produise jamais. Le bon est "archétypé" et la brute est stréréotypée. Entre eux, il n'y a place que pour les " faire valoir " qui passent comme des ombres devant la caméra pour meubler les écrans et sublimer le héros simpliste et prévisible.

 

Pourtant, l'état de la lecture chez les jeunes n'est pas aussi désastreux qu'on pourrait le croire. Les jeunes canadiens lisent. Certains lisent même beaucoup. C'est que dans l'univers de la lecture comme dans tous les autres domaines de la culture les clientèles se scindent et se segmentent. C'est là une conséquence de la multiplication et de l'hyperdiffusion des médias, Internet y contribue largement.

 

Pour simplifier les choses nous pourrions regrouper les jeunes lecteurs en trois catégories. Il y a les voraces, les réfractaires et les infidèles.

 

Les voraces, c'est votre clientèle éternelle. Ils ne semblent pas moins nombreux qu'avant. Ils sont aussi friands de lecture qu'auparavant, mais l'offre d'œuvres et de médias pour y accéder se diversifie constamment. L'imprimé, le volume, la BD, la revue bien entendu, mais aussi maintenant, le moniteur branché à l'ordinateur, la disquette, le CDROM, le e-book et Internet, la mère de toutes les bibliothèques où le jeune lecteur découvre le livre électronique, le conte virtuel, le roman interactif.

 

La concurrence n'est plus simplement nationale elle est internationale et translinguistique. Ce séminaire se tient en italien, un peu en français, et beaucoup en anglais. Les jeunes voraces sont les premiers à apprendre une deuxième puis une troisième langue. En plus d'être sollicité par de nombreux médias, ce groupe de jeunes lecteurs se décompose en plusieurs segments. Il y a les romantiques, les scientifiques, les technologiques, les naturalistes et les naturistes, pourquoi pas, les utilitaires, les bricoleurs, les artistes et la parcellisation se poursuit. Il faut en être averti et composer avec cette nouvelle réalité.

 

Les réfractaires ne lisaient pas, ils ne lisent toujours pas, excepté les messages publicitaires qu'ils ingurgitent plus qu'ils ne lisent, l'image tenant lieu de graphie. Exception faite aussi des messages utilitaires pour faire fonctionner les appareils électroniques qui les dispensent de lire. Et encore, seulement après avoir tâtonné pour éviter le livre d'instruction. Peut-on quelque chose pour que ceux-ci apprivoisent la lecture? Certainement !

 

Entre ces deux extrêmes on retrouve la masse des butineurs du conte, des fureteurs du roman, des touristes de la BD, des transfuges du bouquin, des infidèles du livre. Ceux-là, nous pouvons et nous devons les fidéliser. Ils sont 60 pour cent de la jeunesse semble-t-il. Ils sont vos futurs lecteurs si vous savez les attirer, les intéresser, les captiver, les charmer. Mais comment y arriver ?

 

Au Canada, nous avons engagé une action dans deux directions complémentaires. Une action en direction de l'enseignant afin de mieux l'outiller intellectuellement et pédagogiquement en lui fournissant les ressources de la littérature au bout des doigts. C'est le site Web

" Lire et aimer lire ".

 

Une action en direction de l'élève aussi. Nous lui proposons des activités de lecture, un contact plus immédiat et plus direct avec les auteurs par l'organisation de rencontres dans les écoles dont nous planifions le parcours via le Web, des rallyes littéraires, des projets d'écriture, car si on apprend à écrire en lisant, on apprend à lire en écrivant. Ce sont les sites Web " Des livres qui cliquent " et de " L'Envolerie " .

 

Nous avons ainsi créé des opportunités de lecture pour les jeunes. Étant sur le Web, autant dire que l'événement est accessible de la maison, de la bibliothèque municipale, de partout. Nous avons combiné l'attrait irrésistible de l'ordinateur au charme de la littérature. Nous avons rejoint notre transfuge devant son écran, derrière sa souris afin de lui rappeler ses amitiés.

 

N'ayez crainte les médias ne s'excluent pas, ils se complètent. Chaque nouveau média s'ajoute aux précédents. La radio n'a pas fait disparaître le théâtre, la télévision n'a pas fait disparaître la radio, Internet ne fera pas disparaître l'imprimé, le e-book ne fera pas disparaître le volume. Mais le livre devra amadouer ce nouvel arrivant

 

  

 
 " Des livres qui cliquent " pour outiller les élèves

 

Nous avons souhaité également outiller l'élève et lui offrir un espace de jeux, d'animation et de prise de contact avec les auteurs qui font son bonheur de lecteur. On retrouve sur ce site Web des références sur une trentaine d'auteurs de livres pour la jeunesse. Pour chacun d'eux on présente quelques notes biographiques, des photos, deux jeux questionnaires " Me reconnaissez-vous ? " et " L'auteur et moi ", un texte à compléter " L'auteur en un clin d'œil ", une description de ses œuvres et un forum " Venez discuter de ses livres " ou l'élève peut donner son appréciation.

 

Une variété de forums thématiques " blagueurs, bizarres, débrouillards, enquêteurs, rêveurs, amateurs de BD " permettent aux élèves d'exprimer leurs commentaires, de poser des questions aux auteurs, de suggérer des lectures à leurs pairs. Enfin, " Des livres qui cliquent " proposent des scénarios pédagogiques et des pistes pour initier une activité littéraire en classe.

 

 

 


 

 " L'envolerie " des livres d'images sur le Web

 

" A-t-on besoin de maîtriser sa langue à un niveau minimal pour s'intéresser à la lecture? " se demandait récemment un linguiste. Quelle étrange question. Dans le but de susciter l'intérêt des jeunes et d'offrir des opportunités de lecture aux enfants, quelques enseignants québécois ont créé le site " L'envolerie " pour les tout petits. On y trouve des extraits de chansons, des comptines, des jeux, des images à colorier. Les enseignants utilisent ces activités directement en classe grâce à un ordinateur, un rétroprojecteur et un écran afin d'éveiller les élèves à la lecture. Grâce à Internet, chaque mois, de nouvelles activités sont offertes. En ce mois d'octobre on retrouve des animations sur le thème de l'Halloween.

 

Ce projet et ce site Web ne cherche pas à remplacer le livre par Internet mais à susciter l'intérêt pour la lecture grâce à Internet. Pour terminer vous me permettrez une suggestion : " Lisez, aimez lire et partagez votre enthousiasme avec les enfants et le reste viendra de surcroît".

 

http://www.envolee.com/Envolerie/accueil.html