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SOULÈVEMENT
POPULAIRE AU ROYAUME-UNI 10.08.2011 |
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LE PEUPLE GREC PASSE LA MAIN AU PEUPLE BRITANNIQUE Comme vous, j’ai
cru au début de
l’été 2011 que la révolte spontanée
du peuple grec sonnait la charge du
soulèvement populaire européen contre les politiques du
FMI, de la Banque
Mondiale, de la Banque européenne et des bureaucrates de
l’Union européenne (1).
Ce ne fut pas le cas.
Après une
succession d’affrontements violents contre les forces de
l’ordre, le peuple grec
dans sa sagesse a redirigé sa résistance quotidienne vers
les lieux de travail
(pour ceux qui ont toujours un emploi), dans les commerces
touristiques, contre
le fisc et dans la rue. Le peuple grec, ne
se sentant pas prêt à renverser l’appareil
répressif de l’État grec, a donc passé
la main aux autres peuples européens. Voici la rose, dansez mes
frères d’Europe
! Voilà que le
courageux et inexpugnable
peuple britannique a repris le gant laissé par les Grecs et
lancé sa propre
offensive en révolte contre les politiques de banqueroute
économique du FMI, de
la Banque Mondiale et de la Banque européenne. À
Tottenham dimanche le 7 août
2011, les capitalistes britanniques ont tremblé dans leurs
escarpins de cuir
fin face aux bottines de cuir cloutées des travailleurs
britanniques. Le quartier de
Tottenham à Londres
a été transformé en champ de bataille suite
à l’assassinat d’un résistant noir
par la police londonienne (2). Cette
fois la répression raciste fut l’étincelle qui mit
le feu aux poudres et le
soulèvement s’étend depuis à tout le
Royaume-Uni (3). Rappelez-vous simplement qu’il
y a quelques mois ce sont les hausses drastiques des frais de
scolarité contre
les étudiants anglais qui déclenchèrent les
foudres populaires et soulevèrent
l’Ire britannique. Demain la cause sera différente mais
tous ces soulèvements
ont la même origine, une même source profonde, sur laquelle
nous reviendrons
bientôt. RÉVOLTES ARABES Auparavant examinons
les causes des
soulèvements populaires à travers le monde arabe. Ces
motifs de guerre civile semblent
nombreux mais en réalité il n’en n’est rien.
En Libye par exemple, le peuple
refuse que les puissances impérialistes européennes,
néo-colonialistes,
viennent s’ingérer davantage dans la
gestion politique, économique, fiscale, pétrolière
et bancaire du pays pour
le mettre à sac (4). Mouammar
Kadhafi a toléré cette ingérence et ces
dernières années il s’était plié aux
dictats imposés par ses maîtres européens. Quand ceux-ci,
prenant prétexte des
« printemps floraux » qui
s’épandaient un peu partout dans la
sphère arabe, ont voulu écarter le guide de la Jamahiriya
du pouvoir pour y
placer une marionnette plus souple et plus docile, ce dernier a
refusé d’être
écarté de la sorte estimant avoir rempli convenablement
le mandat que la
soi-disant « communauté internationale »
lui avait confié – lire, le petit groupe de dirigeants
rapaces qui
prétendent gouverner le monde par l’entremise de quelques
organisations
internationales criminelles – (5). Kadhafi s’est
donc accroché au
pouvoir et a fourni au peuple libyen le motif et l’organisation
pour déchaîner
sa fureur contre l’OTAN et les politiciens européens de la
canonnière qu’ils
sont en train de mettre en déroute. Honneur au courageux peuple
libyen qui
montre ainsi la voie de la résistance à tous les peuples
d’Afrique. Après les échecs
irakien, afghan, pakistanais et somalien voilà que nous
assistons à la
débandade européenne et états-unienne en Libye. Et
ce n’est pas fini (6). Mais le motif
véritable de ces
agressions occidentales contre la Libye, et en sous main contre la
Tunisie (où
le processus de réforme est bloqué par les ambassades
étrangères) ; contre la
Syrie (où l’empire pêche en eau trouble afin de
disloquer l’alliance
Iran-Syrie) ; contre l’Égypte (où l’empire
voudrait instituer le Moubarakisme
sans Moubarak) est toujours le même : le
repartage des zones d’influence, des marchés, des sources
de matières premières
et d’énergie entre les deux grands camps
impérialistes mondiaux (7). Les prétextes
pour ces
interventions néo-coloniales européennes et
états-uniennes (l’OTAN) dans les
affaires internes des pays arabes peuvent varier localement, mais le
motif
profond est toujours le repartage des zones d’influence
interimpérialistes. CRISE ÉCONOMIQUE
RÉCURRENTE Il en est de
même dans les pays
européens, sauf qu’en Europe l’objectif n’est
pas le repartage des zones
d’influence mais la mise au pas – la répression
– des peuples saignés à blanc
par les crises économiques récurrentes qui ont pris
tantôt la forme d’une crise
des « subprimes hypothécaires » laquelle ne fut qu’une des formes
d’expansion
adoptées par le capital financier spoliateur issu de
l’économie irréelle
(spéculative). Les faillites bancaires
qui suivirent se sont répandues dans toutes les régions
du monde à cause de l’inextricable
interrelation qui entrelace le capital financier mondial en phase
impérialiste
avancée (8). La crise
économique a ensuite –
printemps - été 2011 – pris la forme de
menées
spéculatives contre les monnaies, dont l’euro, que les
États-uniens
auraient bien voulu assujettir à leur dollar en faillite (chacun
notera ici que
les alliés européens et états-uniens peuvent se
poignarder dans le dos si leurs
intérêts impérialistes nationaux le
réclament). Coup de bluff perdu par les
spéculateurs américains faute de discipline interne entre
les politiciens et
les grands magnats américains de la finance. Depuis samedi le 6
août 2011, la
crise économique de l’impérialisme mondial a pris
la forme de la dette souveraine, américaine
d’abord, mais qui s’étendra sous peu à
d’autres pays surendettés qui feront tour
à tour défaut de paiement. Chacun doit comprendre
que c’est
toujours la même crise économique de
l’impérialisme occidental décadent qui se
profile dans cette succession de crises sectorielles –
spécifiques. Cette crise
générale et saccadée mettant aux prises
l’Alliance Atlantique (Europe et
États-unis) décadente et l’impérialisme
montant de la super puissance industrielle
chinoise et de ses collaborateurs de l’Alliance de Shanghai. Que ce soit en
Grande-Bretagne, en
Espagne, en Grèce, au Portugal et bientôt aux
États-Unis d’Amérique, les
soulèvements populaires spontanés ont toujours la
même source profonde, le ras-le-bol
populaire contre la paupérisation accélérée
– 15 % à 20 % du peuple américain
s’alimente grâce aux bons alimentaires de
l’État, des millions d’Américains ont
été jetés à la rue et sont sans logement,
les propriétés se vendent pour une
bouchée de pain dans plusieurs États américains,
les prisons sont
archi-surpeuplées, le taux de chômage réel
frôle les 18 % aux États-Unis – (9)
; ainsi que la révolte contre le chômage
généralisé, la dégradation des
services publics, le racisme, la faillite économique globale, la
spéculation
boursière, le transfert du fardeau de la crise économique
et financière, ainsi
que de la dette souveraine, sur le dos des peuples travailleurs pour
sauver la
fortune des riches et des spéculateurs, des banques et des
cartels
internationaux. Lors de la crise de
2008 les
pouvoirs d’États dictatoriaux – soi disant
élus démocratiquement – ont utilisé leur
contrôle sur l’appareil
fiscal des États souverains (Europe, Canada, Australie, Japon,
USA) pour
subventionner et renflouer les banquiers et les financiers à
même les ressources
financières de l’État. Mais cette activité
de spoliation des fonds publics a elle-même entraîné
le surendettement de ces
États si bien que le même stratagème est
aujourd’hui exclu sinon en coupant
encore plus drastiquement dans les dépenses publiques
destinées au peuple et
aux pauvres et en transférant ces derniers deniers
spoliés directement aux
financiers. Mais la marge de
manœuvre des États
impérialistes décadents (Alliance Atlantique) est
aujourd’hui si mince qu’il
faudra d’énormes déboursés répressifs
– polices, services secrets, armées et
réservistes – pour parvenir à imposer ces nouveaux
sacrifices aux peuples
exsangues. Depuis 2001, ces guerres
impérialistes de rapines, de répression des
soulèvements nationaux libérateurs
– ces guerres impérialistes
occidentales
pour écarter l’impérialisme chinois de ces zones
d’hydrocarbures et des marchés
africains et moyen-orientaux ont coûté la modique somme de
3 200 milliards
de dollars au trésor américain (10), ce qui
représente environ 20 % de la dette
souveraine des États-Unis d’Amérique.
Aujourd’hui, l’administration américaine
voudrait faire payer le prix de ses guerres d’agression à
l’ensemble des pays
de la planète, y compris aux descendants de leurs tueries en
Irak et ailleurs,
en dévaluant les réserves de dollars américains
que chacune des banques
centrales nationales possède. Il faut noter
toutefois que dans la
sphère impérialiste montante – Alliance de Shanghai
– la situation politique et
répressive, quoique difficile, est plus favorable. Les
puissances impérialistes
regroupées autour de la super puissance industrielle chinoise
sont en train de développer
leur capacité productive (elles sont en phase
d’industrialisation et non pas en
phase de désindustrialisation comme à l’Ouest),
elles développent présentement leur
marché intérieur (Chine, Inde, Russie, Kazakhstan, Iran,
etc.) et elles
imposent déjà, dans la plupart des cas, une dictature
fasciste à leurs peuples
réprimant sauvagement toute velléité de
résistance. Actuellement les
puissances impérialistes décadentes de
l’Ouest s’acheminent à vitesse variable vers cette
forme de dictature étatique
camouflée sous des prétentions démocratiques
électoralistes néo-libérales. LES BOBOS À LA
RESCOUSSE Que font les forces de
« gauche » pendant ce temps ?
Les « bobos opportunistes »
s’avancent rapidement sur le
devant de la scène afin de détourner les contingents de
résistants en colère et
leur faire prendre la voie de garage. Un intervenant syndical
écrivait ceci à
propos de l’émeute du quartier de Tottenham à
Londres : « Après Bari,
Tottenham. Pourquoi pas bientôt Paris, Marseille ? Voilà
où mènent des lustres d'incurie, d'imprévoyance et
de
lâcheté des dirigeants européens qui n'osent agir
contre la crise ! ». Les
soulèvements populaires - anarchiques et spontanés
– ne sont pas le fruit de
l'incurie, de l'imprévoyance et de la lâcheté des
dirigeants politiques
européens. Les dirigeants européens ne veulent
d’aucune façon satisfaire les
réclamations de la population pas plus à Paris, à
Londres, à Athènes qu’à
Madrid. Ensuite, les dirigeants
européens (ou américains) n'ont absolument aucun
contrôle sur la faillite économique
du système impérialiste moribond. La
seule chose que les politiciens européens peuvent faire, c'est
de mettre leur
machine d'État au service des classes spoliatrices et
d’organiser la répression
des peuples qui se révoltent contre non pas
« l’incurie, la lâcheté et
l’imprévoyance », mais contre les politiques
délibérément assassines, anti-
populaires et exploiteuses de dirigeants qui organisent sciemment le
transfert
des richesses d'État et qui systématisent les coupures -
le retrait - des
capitaux des services publics et du soutien aux pauvres pour les
diriger vers
le soutien aux riches. La récente décote de
crédit américain
(de AAA à AA+) n’est rien d’autre que la sanction
des milieux d’affaires contre la Maison Blanche et le
Congrès américain,
coupables de ne pas avoir suffisamment coupé dans les services
et l’aide à la
population américaine et pour ne pas avoir suffisamment soutenu
la classe
capitaliste monopoliste à même les crédits
d’État (11). Cette décote, décriée
par tous ceux qui possèdent des devises américaines (la
Chine en possède à elle
seule 3 000 milliards $) présage d’une
éventuelle dévaluation importante
du dollar US et donc d’énormes pertes pour tous ceux qui
comme les Chinois sont
plombés avec cette devise en débandade dans leurs coffres. Ce
n'est pas « lâcheté » de la part des
politiciens occidentaux. Au
contraire, il faut beaucoup de courage à ces bandits politiques
pour spolier la
population afin d’enrichir une poignée de riches, et pour
ensuite lancer la
police (16 000 policiers à Londres), et bientôt
l’armée, contre leur
propre peuple en révolte. Tous les Obama, Sarkozy, Cameron et
Harper de ce
monde ne font là que leur métier, ce pourquoi ils ont
été placés aux postes
qu’ils occupent par ceux qui ont financé leur campagne
électorale frauduleuse. C'est
le système capitaliste et ses suppôts qu'il faut
renverser, détruire, éradiquer,
éliminer sans se plaindre de l’incurie, de la
lâcheté ou de l’imprévoyance qui
n'en furent d’ailleurs pas. Au contraire, tous ces comploteurs
ont prévu la
débâcle de leur système économique et ils se
préparent à la répression des
soulèvements populaires – la police de Montréal a
créé cet été une cellule de
répression politique – afin de ne rien changer à ce
système qui s'écroule
malgré leurs efforts conscients et systématiques. Mes
amis d’Athènes, de Madrid, de Tottenham et bientôt
de Chicago… c'est la lutte
finale qui commence, groupons-nous et demain.... _________________________ (1) http://www.centpapiers.com/les-heritiers-d%e2%80%99 heracles-et-le-menage-des-ecuries-d%e2%80%99auigias-grece/75667
(2) http://www.dailymail.co.uk/news/article-2023254/Tottenham-riot- Mark-Duggan-shooting-sparked-police-beating-girl.html
«Je peux comprendre qu’ils
soient en colère. En plus (de
la mort du jeune homme), (5) h
ttp://fr.wikipedia.org/wiki/Mouammar_Kadhafi (6) http://www.rtbf.be/info/monde/detail_libye-le-president-du-cnt- (7)
http://www.agoravox.fr/actualites/international/ (8) http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito8062011.html
(10) James
Petras. http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=25574
et
http://www.centpapiers.com/la-dette-mais-payez-la-bon-dieu/78550/
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