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2. LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE SAMIDOUN 12.01.2011 http://www.robertbibeau.ca/palestine3.html |
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2.
La crise économique L’empire
américain s’affaiblit. Ce constat que les
maîtres de l’empire rejettent, le peuple américain
l’appréhende. Un sondage d’opinion
d’août 2010 a mis en évidence
que 65% des Américains pensaient que leur pays était
désormais « en état de
déclin » (3). Il
est malheureusement exclu
que l’empire s’effondre de lui-même, tout doucement,
sous le poids de ses
dettes et de ses contradictions internes. L’empire ottoman a
été démembré après
sa défaite au cours de la Grande guerre. Le IIIe Reich allemand
a été écrasé
après avoir mis l’Europe à feu et à sang.
L’Empire britannique a connu son
dernier sursaut suite à sa mise en échec en Inde et
devant le Canal de Suez.
L’empire français a saccagé l’Indochine et
l’Algérie avant de déclarer forfait.
L’empire américain s’accroche, s’arme et
résiste à sa mise au rancart. C’est de la
bête blessée dont il faut se méfier
le plus (*).
2.1
La stratégie américaine Les partenaires
commerciaux des États-Unis se sont fait
flouer par le dollar. La spéculation sur les marchés
monétaires internationaux,
la gestion frauduleuse de valeurs boursières fumeuses (dont on
verra la
mécanique dans le chapitre sur les produits
dérivés), le surendettement des
divers paliers de gouvernement fédéral, états et
municipalités – le déficit
budgétaire fédéral devrait être de
1 580 milliards en 2010 – a entraîné la
dévaluation du dollar et donc la dépréciation des
immenses réserves de tous
les pays créditeurs des États-Unis, notamment la Chine. En
décembre 2010, la
Réserve fédérale américaine (Fed) a
annoncé un deuxième cycle d’assouplissement
quantitatif (« quantitative
easing ») – l’impression
de
mille milliards de dollars américains – une démarche agressive et
unilatérale, largement perçue par les rivaux
économiques des États-Unis comme
un acte d'hostilité. Cette
dévaluation de
fait du dollar a
pénalisé tous les détenteurs de devises
américaines (notamment tous les pays
producteurs de pétrole qui effectuent leurs transactions en dollars). Les pays concurrents des États-Unis cherchent à défendre leurs industries d’exportation en intervenant pour bloquer l’augmentation de leur taux de change et contenir les investissements spéculatifs qui font monter leur monnaie et provoquent une surchauffe de leur économie (4). En effet, quand une monnaie comme le dollar se dévalue, les investisseurs convertissent leurs avoirs en monnaies fortes, plus rentables et plus sécuritaires. Ainsi, le Brésil a dû faire face à un afflux de capitaux qui a poussé le gouvernement à en taxer l’entrée pour éviter une flambée du real, sans grand succès d’ailleurs. Malgré des taux d’intérêt proches de zéro, le Japon voit sa monnaie monter en flèche, bien qu’il ait dépensé 24 milliards de dollars, au cours du mois de septembre 2010, afin de tenter de maintenir la valeur du dollar et d’arrêter la montée du yen. Selon les statistiques officielles, les
banques centrales de Corée du
Sud, Malaisie, Indonésie, Thaïlande et Taiwan ont
racheté près de 30 milliards
de dollars en moins d’un mois (entre le 27 septembre et le 11
octobre 2010),
afin de soutenir la devise américaine et éviter ainsi la
dépréciation de leurs
réserves en dollars et une montée de leurs propres
monnaies. La
réévaluation de leur monnaie
entraîne par voie de
conséquence une hausse des prix des produits
exportés, et tous ces pays
sont essentiellement tournés vers les marchés
étrangers (5). Ce
n’est pas tant la concurrence des manufacturiers
américains ou européens qui les inquiète que celle
de la Chine qui, à son tour,
manipule les taux de change de sa monnaie pour la maintenir à un
bas niveau et se protéger de ses concurrents.
2.2
Paradis fiscaux et
produits dérivés Les
capitalistes
modernes, maîtres d’une économie qu’on
pourrait penser dématérialisée, sont ainsi emprisonnés
dans une
spirale de crises économiques à répétition
n’offrant aucune solution, d’autant
plus que la moitié des flux financiers
internationaux sont invisibles, non taxables, non imposables, non
contrôlables. Ils transitent via des paradis fiscaux (Bermudes,
Caïmans,
Barbade, Seychelles, Monaco, Macao,
etc.).
Ce stratagème permet à ces capitalistes financiers de se
soustraire aux taxes,
aux impôts et aux autres redevances fiscales de leur pays
respectif. On
comprend maintenant pourquoi chacun d’entre nous doit payer plus
de taxes et
d’impôts à la place de tous ceux-là
qui n’en payent pas. Ces derniers
bénéficient de surcroît d’un
«congé»
législatif et juridique. En
effet, à partir de ces paradis, tout leur est permis, y
compris de blanchir l’argent sale et de le mêler aux
capitaux licites dérobés au fisc et aux appareils juridiques. Cette situation provoque des
contradictions au sein du
camp “capitaliste” : ceux qui se
soumettent aux règles fiscales et judiciaires acceptent mal la
concurrence
déloyale de ceux qui s’y soustraient dans ces États
de complaisance. Il faut savoir qu’une grande part
de ces flux financiers concernent
des produits dérivés constitués de CDS (Credit
Default Swap), des dettes
(créances), souvent non solvables, que des assureurs
obligataires garantissent
et transforment en titres financiers selon le principe d’une
pyramide de Ponzi (**). En
effet, des dettes, souvent non solvables, deviennent ainsi du
crédit, de
l’argent fantôme! Ces produits financiers
dérivés totalisaient 690 000
milliards de dollars au début de l’année 2008 et
444 000 milliards de dollars
en 2009. Cette diminution a reflété le retrait de
nombreuses banques
européennes et asiatiques qui entendent
se
dégager peu à peu de ces produits spéculatifs
sulfureux; alors que les banques
américaines, dont quatre des plus grandes (JP Morgan, Bank of
America, Citibank
et Goldman Sachs), continuent à spéculer sur cette
monnaie virtuelle,
engrangeant 211 850 milliards de dollars de ces actifs de
« Monopoly »,
soit presque 3,7 fois le PIB (Produit intérieur brut) de tous
les pays de la
planète (6). Force
est de constater que le
rôle du dollar comme monnaie de
réserve
pour les échanges internationaux tire à sa fin.
À
telle enseigne que récemment la Chine et la Russie se sont mises
d’accord pour
utiliser leur monnaie
respective au lieu du dollar dans leurs transactions commerciales
bilatérales.
Auparavant la Chine avait conclu le même accord avec le
Brésil. Dès que les
pays de l’OPEP cesseront d’utiliser le dollar pour le
commerce du pétrole, c’en
sera fini de l’hégémonie du dollar (7). Retenons bien cette
observation, car elle nous permettra de mieux comprendre la politique
américaine vis-à-vis de l’Iran. Tous ces pays tentent
d’échapper au carcan du dollar. En effet ils se
font escroquer deux fois par les Américains : en
dévaluant son dollar d’une
part, le gouvernement étatsunien déprécie les
réserves de dollars de ses
concurrents, devise qu’il leur a pourtant imposée lors des
accords de Bretton
Woods (8); d’autre part, il
déprécie également la valeur des
obligations gouvernementales qu’il leur a vendues. La Chine et le
Japon
détiennent de très importantes réserves de
« débentures »
américaines libellées en dollars. Il en est de même
pour les pays exportateurs
de pétrole dont l’Iran. À la mi-2009, les
banques centrales des pays créditeurs des É-U
détenaient un montant astronomique de 4.000 milliards de
dollars en bons du Trésor américain. Le Président
russe Dimitri Medvedev a
alors insisté sur le fait qu’il était temps de
mettre fin au système unipolaire
artificiellement maintenu et basé sur « une
devise de réserve qui avait été forte dans le
passé » (9). C’est
cette gabegie que le président du Fonds monétaire
international
appelle « La guerre
des monnaies ». Suite à la grande
dépression des années trente,
les pays impérialistes s’étaient lancés dans
une telle guerre des monnaies qui
a abouti à la Deuxième guerre mondiale. Nous
prépare-t-on une Troisième guerre mondiale ?
2.3
La crise
financière et
monétaire Comment et
pourquoi cette « guerre des monnaies »? Pour comprendre,
examinons la crise de l’euro. Depuis un an
l’Union européenne est ébranlée par la crise
de sa
monnaie. La guerre de l’euro a débuté par
l’attaque concertée des agences de
notation américaines Standard & Poor’s, Moody’s
et Fitch Ratings contre
notamment la Grèce,
l’Irlande et le Portugal;
l’Espagne devrait suivre incessamment. L’abaissement
des cotes de crédit de ces pays par ces
agences étasuniennes les a
relégués dans la catégorie des investissements
spéculatifs, ce qui a augmenté considérablement le
coût de leurs emprunts sur
les marchés obligataires. Comme ces pays sont déjà
lourdement endettés, une hausse de
trois ou de quatre
points du coût de leurs emprunts a fait bondir leur service de la
dette déjà surchargé et a réduit
considérablement
les sommes disponibles pour les services de santé,
d’éducation et le reste,
d’où les mesures d’austérité qui leur
sont imposées par
l’Union européenne et par le FMI. Cette
attaque des agences de notation a été appuyée,
selon le professeur Paye, par l’appareil d’État
américain qui a relayé les
déclarations alarmistes du conseiller économique du
président Obama, Paul
Volcker, lequel a suggéré une future
désintégration de la zone euro. Pourtant, les
États-Unis sont, toute chose étant égale
par ailleurs, aussi endettés que ces pays mis
au pilori par les banquiers. Cette
offensive contre l’euro visait à ramener aux
États-Unis les capitaux étrangers qui avaient
commencé à fuir l’ombrelle du dollar
pour se réfugier sous le parapluie de l’euro. Ces capitaux
étrangers sont nécessaires à la
couverture du déficit de la balance
financière
(entrée moins
sortie des
argents et des valeurs des États-Unis –
398
milliards de dollars en 2009), déficit qui s’ajoute au
colossal déficit de la balance commerciale
(achat moins vente de marchandises et de services – 990 milliards
en 2009)
lequel s’ajoute à une partie du déficit
budgétaire des gouvernements américains
(– 1 409 milliards de dollars en 2009 pour
l’État fédéral seulement) (10). L’objectif
américain pour l’ensemble de cette opération
de déstabilisation de l’euro est de créer les
conditions pour une intégration
du marché commun européen (UE) au marché commun
nord américain (ALENA) en un
très vaste bloc transatlantique,
d’ailleurs
prévu,
après un vote du Parlement
européen, à l’horizon 2015. Les
États-Unis envisagent-ils le retrait de l’euro et son
remplacement par le dollar pour l’ensemble de la zone
transatlantique? La chose
est possible. Il s’agirait
alors de renflouer le dollar
ou la « nouvelle monnaie commune » pour la
maintenir en tant que devise de réserve
internationale. Pour ma part je crois plutôt que la tactique
américaine est
d’attacher solidement l’économie nord
américaine à l’économie européenne,
sans toutefois
se défaire de l’euro, de façon qu’une
attaque contre le dollar déclenche
une réaction américano-européenne sur tous les
marchés. Cette option est
préférable pour les
banquiers américains qui ne
souhaitent pas partager la gestion de leur monnaie avec Bruxelles. L’économiste Jean-Claude
Paye décrit ainsi le but de
l’opération de sauvetage de l’euro
: « L’enjeu fondamental, en mettant la pression sur la
monnaie commune, est de
faire payer la crise aux salariés et ainsi d’effectuer un
gigantesque transfert
de revenus des ménages vers les entreprises, principalement les
institutions
financières. (…) La politique budgétaire de
diminution accélérée des déficits
des États causée par leurs déboursés en
faveur des banques et des entreprises,
va se faire au détriment du pouvoir d’achat des
populations européennes et ne
peut se faire sans une récession économique». (11). 2.4
Le transfert L’idée
du transfert est de rejeter le coût de la crise sur le dos
de la population en réduisant les dépenses des
ménages et les dépenses
gouvernementales affectées à la reproduction de la force
de travail
(école, soins de santé, médicaments, services
sociaux, services municipaux,
loisirs et culture) Les sommes ainsi
« économisées » seront
versées via
le service de la dette et les subventions directes au grand capital
spéculatif,
aux entreprises, et surtout aux banquiers, comme l’a
souligné Marc Fiorentino (12). C’est ce
phénomène que l’économiste
Paye appelle le transfert d’immenses sommes d’argent des
ménages vers
les entreprises (13). Mais
cette pseudo solution ne sera pas viable à moyen terme et ses
limites sont déjà
perceptibles. Les mouvements sociaux qui s’annoncent, et dont la
population grecque
nous a donné un avant goût en décembre dernier,
sont les signes précurseurs de
l’irréalisme d’une telle politique. Explicitons maintenant la
mécanique de ce transfert.
Le prix d’une marchandise
correspond à la somme des
facteurs de production auxquels s’ajoute la plus-value
produite
par les travailleurs
et source unique de profit. Une façon de contrer la baisse des
taux de profit
est de réduire les coûts du facteur de production
appelé main-d’œuvre, en
d’autres termes de réduire le coût de reproduction
de la force de travail. C’est la raison pour laquelle on
observe un parfait
consensus chez les
capitalistes internationaux pour inciter leurs gouvernements à
réduire les
dépenses en éducation, en santé, en services
sociaux, en culture et en loisir
et à attaquer les régimes de retraite des travailleurs (qui est
en fait une attaque contre les salaires) ces fonds que les
travailleurs
ont mis de côté pour assurer leurs vieux jours. Les
coupures dans les régimes
de retraite et l’augmentation du nombre d’années de
travail requis pour obtenir
une pension complète visent à maintenir ces ouvriers sur
le marché du travail
afin d’accroître la concurrence entre les travailleurs et
ainsi réduire la
pression à la hausse sur les salaires que crée la
pénurie de main-d’œuvre. Les
mesures de gestion des flux d’immigration –
émigration complètent cette
stratégie afin de s’assurer que le coût de la force
de travail (salaires et
bénéfices marginaux) et le coût de
reproduction de la force de travail
(éducation, santé bien-être et loisir) soient
réduits à leur minimum. Phénomène
étonnant, les taux de
chômages élevés
pourraient laisser
penser que la main-d’œuvre est en surabondance alors
qu’en réalité la main-d’œuvre
qualifiée est une denrée rare et donc coûteuse. Le
système capitaliste n’a
jamais su planifier adéquatement le développement de la
main-d’œuvre parce
qu’il est impossible dans ce système anarchique de
développement économique
d’anticiper quels secteurs économiques
seront les plus profitables pour le grand capital dans les
années à venir.
L’armée de réserve des travailleurs est donc sans
cesse transférée d’un secteur
industriel et commercial à un autre. Comme
un malheur ne survient jamais seul, ces compressions
relatives des salaires et des
bénéfices marginaux – en définitive des
dépenses
des ménages et des déboursés gouvernementaux en
biens et en services – entraînent
une contraction de la demande intérieure à laquelle le capital n’a
pas
d’autre moyen de répondre que de tenter
d’accroître ses parts de marchés
extérieurs. Afin d’être concurrentiels sur ces
marchés extérieurs, les capitalistes
doivent réduire davantage les coûts de
main-d’œuvre et stabiliser le taux de
change de leur monnaie. C’est ce que l’on appelle la
spirale de la misère, la spirale déflationniste, qui succède
très souvent à une spirale inflationniste. Comme ce
processus a cours dans
plusieurs pays capitalistes à la fois, ce sont des centaines
d’entreprises qui
se retrouvent en concurrence féroce pour s’accaparer des
marchés de plus en
plus éloignés et exigus (14).
2.5 La stratégie
chinoise Les
États-Unis font des remontrances à la Chine et
prétendent qu’elle devrait réévaluer sa
monnaie afin de renchérir le prix de
ses produits et permettre une relance de l’industrie
américaine. Dans une
lettre envoyée au vice-Premier ministre
Wang Qishan (avant la visite du président chinois Hu Jintao aux
États-Unis
prévue en janvier 2011), 32 sénateurs américains
ont déclaré qu’il était
« impératif » que les deux pays
« travaillent ensemble de
manière constructive ». « Nous demandons
à la Chine de prouver son
engagement à adopter un taux de change déterminé
par le marché en laissant sa
monnaie s’apprécier de manière significative avant
la visite du président
Hu », ont écrit les sénateurs
américains (15). Il
faut plutôt comprendre que cette prise de position
des sénateurs est une fumisterie destinée à
tromper les travailleurs américains
qui souffrent de la délocalisation de leurs usines, voulue par les
capitalistes américains que représentent ces 32
sénateurs ? Les entreprises
occidentales sont justement celles qui
ont délocalisé leurs usines des
États-Unis, du Canada, d’Europe occidentale en partie vers
l’Europe
orientale et les pays baltes, et en partie
vers la Chine et
vers l’Inde (informatique, pharmaceutique, etc.); alors elles ne
souhaitent
certainement pas nuire au développement de leurs filiales
étrangères et leur
couper
l’accès aux marchés occidentaux qu’elles
desservent désormais à partir de la Chine notamment. En
2010, la Chine a
connu une hausse importante de ses exportations et ce sont les
sociétés à capitaux étrangers qui furent la
principale source de l’excédent
commercial, ont indiqué les douanes chinoises, précisant
que sur les 11
premiers mois de l’année, elles ont compté pour
112,5 milliards de dollars sur
un excédent total de 170,4 milliards de USD (16). L’effet
pervers qu’aurait la réévaluation du yuan
chinois serait d’augmenter le prix des millions de produits,
babioles et
vêtements importés de Chine. Ce sont donc les
consommateurs américains,
européens, canadiens et australiens qui en
définitive paieraient le prix de
cette hausse de la valeur du yuan. De toute
façon, un renchérissement du yuan
n’entraînerait pas une hausse significative des ventes des
entreprises
américaines, car dans la plupart des cas les moyens de
production ont été
détruits lors de la délocalisation
des usines vers la Chine, l’Inde, le VietNam ou les Philippines.
À titre
d’exemple, l’usine de la General Motors en banlieue de
Montréal a été démantelée
lors de sa délocalisation; on ne reconstruit pas rapidement une
usine de
montage d’automobiles et toutes les entreprises
sous-traitantes qui en dépendent. La
délocalisation
a entraîné une baisse dramatique des
effectifs industriels dans la population active américaine qui
est passée de
32,6 % en 1974 à 18 % environ en 2009. Avec un PIB de 14 600
milliards de dollars,
l’industrie américaine ne représente plus que 2 993
milliards de dollars (20%
du total) dont la majeure partie dépend de l’industrie de
l’armement (30% des
exportations mondiales). La consommation représente 70 % du PIB
des Américains.
Les USA ne produisent pas, ils consomment. Les États-Unis sont
de moins en
moins un pays industriel et de plus en plus un État parasitaire et prédateur
spécialisé dans la consommation de masse de produits
importés achetés à crédit,
en quelque sorte la Rome dégénérée des
temps modernes. De
plus, un renchérissement de 10 % ou de 15 % du prix des
produits chinois ne serait pas suffisant pour permettre aux entreprises
occidentales de concurrencer la Chine. Il faudrait une hausse de
probablement
25 ou 50 % des prix pour que les usines canadiennes, américaines
ou françaises
puissent produire à meilleur marché. Par contre, suite
à une telle hausse de
prix les dragons
asiatiques et l’Inde seraient à même
de s’emparer des marchés et d’y malmener leurs
concurrents chinois. On le voit,
les guerres commerciales inter impérialistes sont féroces
et perpétuelles.
Si les
grands capitalistes internationaux font consensus pour rejeter le
fardeau de la
crise sur le dos des travailleurs, en revanche, ils se déchirent
comme des chiffonniers
pour s’approprier les ressources naturelles et les marchés. Ce refus de réévaluer sa
monnaie semble étrange de la
part de la Chine. Ses coûts de production sont si bas
qu’elle pourrait hausser
ses prix de dix ou de quinze pour cent sans perdre ses marchés
étrangers au
profit de l’Inde ou d’autres pays asiatiques. Alors
pourquoi ne réévalue-t-elle
pas sa monnaie pour empocher ce bénéfice facile?
C’est que les impérialistes
chinois sont de fins renards. Cette hausse de prix entraînerait
une baisse de
la demande pour les produits chinois de la part des consommateurs
pauvres que
desservent tous les Walmart de ce monde (70 % de tout ce que vend cette
chaîne
américaine, première entreprise mondiale, provient de
Chine) et provoquerait
une spirale inflationniste catastrophique dans les pays importateurs.
Étant
donné que 80 % des ménages occidentaux sont
déjà très lourdement endettés,
une soudaine hausse des prix entraînerait le défaut de
paiement et la faillite
personnelle de nombreux consommateurs comme ce fut le cas en 2008
aux États-Unis
lors du crash de l’immobilier, une crise dont
l’économie mondiale ne s’est pas
encore remise (17). L’intérêt présent de la Chine est de résister à la cupidité des multinationales occidentales installées sur son sol et de maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs occidentaux en attendant qu’elle ait développé son marché intérieur et conquis les marchés africain et sud américain et consolidé ses positions sur les marchés occidentaux. Le gouvernement chinois vient d’annoncer 1 500 milliards de dollars d’investissement afin de développer de nouveaux secteurs de production. C’est donc la Chine qui présentement jugule les poussées inflationnistes sur les marchés occidentaux. Quand le temps sera venu, les capitalistes chinois passeront à la caisse, et alors les temps seront très difficiles pour leurs concurrents occidentaux. C’est alors que la bourgeoisie nous serinera à l’oreille le chant raciste et sinophobe de la guerre impérialiste contre les Chinois, contre les Coréens et contre tous ces « jaunes hypocrites » qui appauvrissent « nos » misérables riches.
À suivre…Vendredi, le 14.01.2011, LA GUERRE CONTRE L'IRAN _______________________ * Il
va de soi que nous sommes sortis du “capitalisme” primitif,
concurrentiel, tel
que le Marx et Engels en ont effectué l’analyse et la
critique: il s’agit d’une
forme mutante et tératologique du capitalisme d’antan (qui
fut d’abord un
capitalisme patrimonial), à savoir un anarchocapitalisme
d’actionnariat,
oligarchique, intégré (capital industriel et capital
bancaire) et internationaliste
en phase impérialiste. **
Une telle pratique
financière est basée sur le principe de la pyramide, le
spéculateur financier
devant sans cesse trouver un plus grand nombre de nouveaux
investisseurs
spéculateurs dont l’argent lui sert à payer les
intérêts des spéculateurs
précédents jusqu'à ce que la pyramide
s’écroule faute de nouveaux investisseurs
spéculateurs (18).
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