Qui
l’emportera, des collaborateurs,
ceux qui ont fait de la
« négociation-bradage »
des droits du
Peuple
palestinien leur métier, ou de ceux qui
hésitent et se demandent s’ils ne devraient pas
embarquer
à bord du Titanic
des « négociations
directes » afin
d’obtenir leur part du butin
palestinien ou, enfin, des résistants, qui refusent de
négocier en ces
temps défavorables pour la cause palestinienne et
préfèrent mourir plutôt que
de disparaître?
Nous
l’avions écrit en décembre
2009 : la
dernière année de la décennie sera
celle
de tous les dangers
pour le Peuple palestinien (1). Après
soixante-deux années de combat, le repos n’est
pourtant
pas permis : les
sionistes rôdent et veulent se repaître des
restants de
droits pas encore bradés
par les
« négociateurs »
professionnels
non mandatés dont la présidence
est échue depuis dix-huit mois et qui n’osent pas
faire
parler les urnes et s’enquérir
de l’avis du peuple qui les avaient mandaté, tant
ils sont
certains du verdict
sans appel qui les attend.
Pourtant,
le peuple que ces négociateurs illégitimes
méprisent aurait de bonnes raisons
de passer la main et de souhaiter se reposer. Après
l’agression meurtrière et
le blocus génocidaire contre Gaza, après la
multiplication des check-points et
des routes de contournement qui étranglent
l’économie de la
Cisjordanie,
après
les nettoyages ethniques à Jérusalem,
voilà que la
répression militaire et sécuritaire
conjuguée des forces sionistes d’occupation
et de leurs alliés de l’Autorité
palestinienne
multiplient les assauts, les
exécutions extrajudiciaires, les assassinats
ciblés, les
arrestations
arbitraires massives (plus de 750 militants du Hamas, en Cisjordanie
ces
derniers jours ) et les tortures jusqu'à ce que mort
s’ensuive. Les
« négociateurs »
préparent
déjà l’imposition de
l’entente
illégale qu’ils
auront concoctée derrière des portes closes.
Et
ils entendent bien recevoir leur salaire
« judaïque » et ne pas
permettre à ce
peuple martyr de s’interposer
entre eux et les prébendes de l’aide de la
« communauté
internationale », comprendre la
communauté de
quelques puissances qui ont hâte
de
passer à autre chose et d’en
découdre ensuite avec l’Iran et avec la Chine.
Le
président
français et celui qui lui tient lieu de
thuriféraire, le dénommé Kouchner,
menacent de
traîner les négociateurs des
deux bords jusque devant le Conseil de sécurité
de
l’ONU. Depuis quand un sous-fifre a-t-il
l’autorisation de menacer un pion des sanctions du Conseil de
sécurité sans y
avoir été autorisé par le
maître du conseil
de la « communauté
internationale » ? Il court droit
au véto, l’excité de
l’Élysée !
La
présente manche est
facile à comprendre. George W.
Bush est allé très loin et, en son temps, il a
promis
(comme Sharon avant lui)
que toute la terre qui aurait été
accaparée par
les sionistes de l’État pour les
« juifs » seulement,
qu’ils soient croyants
ou non, leur reviendrait.
Aujourd’hui, les sionistes se souviennent de cette promesse
et
ils exigent,
pour revenir à la table de
« négociation »,
de connaître
à l’avance l’issue desdites
« négociations » (2).
Vous aurez
remarqué que Netanyahu ne demande
pas à Abbas – quantité
négligeable, dans
cette triste équipée – des
garanties de succès de ses négociations.
Non :
Benjamin demande au chef
des deux clans, le juge et le bourreau, qu’il lui garantisse
le
succès des ces
négociations, et il le fait publiquement, au vu et au su de
la
« communauté
internationale », sous le nez
du Peuple palestinien à
qui on ne demande rien.
Que
va-t-il négocier,
le « Président
palestinien »
échu ? Netanyahu nous dévoile la mise et sa main
gagnante, à défaut de quoi, il
ne « négocie » plus.
En fait, par cette
manœuvre, Netanyahu place
encore une fois Abbas dans une position impossible ; il le
ridiculise et
l’humilie devant son peuple, le montrant à
plat-ventre
quémandant le droit de
parapher le document de l’entente avant même de
l’avoir lu et
« négocié ».
C’est que Netanyahu pense que le temps n’est pas
encore
venu d’accorder le
bantoustan – la réserve – aux
« Indiens » Palestiniens.
Netanyahu et
sa clique de Tel-Aviv pensent qu’il y a encore de la terre
à voler aux
Palestiniens, qu’il y a encore des droits à leur
arracher,
dont le droit ultime
de s’accaparer de la terre de Palestine avec
l’accord
explicite et signé des
Palestiniens eux-mêmes qui accréditerait ainsi
l’inique recommandation 181 de
l’ONU (1947). La fameuse clause reconnaissant
« l’État
juif » qu’exige
Netanyahu ces temps-ci n’a pas d’autre but
que celui-là. (3).
Obama
quant à lui pense
que c’est suffisant et que les
sionistes devraient se contenter de 85% de la superficie de la
Palestine
mandataire.
La contradiction, que dis-je, le
fossé qui sépare les deux compères,
Obama et
Netanyahu, n’est environ que de 5%
de la terre palestinienne. Abbas n’a rien à dire
dans ce
débat sinon
d’accepter le fait accompli de
« l’État
juif » et de renoncer par
écrit à tous les droits des Palestiniens : il
recevra (si
ce n’est déjà fait) les
contrats qu’il recherche et le salaire qu’il
convoite
(probablement trente
deniers). Alors qu’a-t-il à intervenir ainsi dans
cette
discussion à propos du
partage du reste de la terre palestinienne et des droits
palestiniens ?
Prenez note qu’Obama serait prêt à
garantir
l’issue
des pseudo-négociations, mais il aurait aimé que
Netanyahu le fasse
discrètement pour ne pas indisposer Abbas, lequel devra
maintenant se présenter
devant les chefs de la
Ligue Arabe
l’air
maussade et la queue entre les jambes
et il ne pourra probablement pas tenir de
référendum,
même pas auprès de
la population de la Cisjordanie. Gaza et les camps de
réfugiés au Liban, en
Syrie ou en Jordanie, qui verront résilié leur
droit au
retour, n’en parlons
même pas...
Dans
quelques jours, Netanyahu annoncera en
grande pompe, douloureusement, qu'il décrète un
moratoire
partiel des
constructions dans certaines colonies de Cisjordanie (4).
Moratoire qui ne sera que poudre aux yeux car
la construction se poursuivra de plus belle, comme avant la
reconduction du
moratoire. Abbas aura sa déclaration de
moratoire partiel et temporaire, ce qui lui permettra de retourner
faire le
pion pour entériner toutes les concessions convenues entre
Obama
et Netanyahu :
que voulez-vous, sa signature de Président
palestinien, même échu, c'est sa seule monnaie
d'échange contre le
monopole de la téléphonie cellulaire en
Cisjordanie…
Prévoyez
l’intensification de la répression en Cisjordanie
car plus
la trahison
est profonde, plus la grogne sera difficile à
écraser et
plus grand le risque que
le bon Peuple palestinien maugrée assez fort pour qu'on
l’entende jusque dans les officines de la
"communauté internationale" (5).
Le Hamas et toutes les organisations de la Résistance
doivent
mettre fin à leur
myopie : l'Autorité
« palestinienne »
sans autorité fait partie
de l'ennemi et elle doit être
démantelée –
détruite –. La bataille pour la
résistance en Cisjordanie fait rage, c’est la
seule
bataille qui vaille : les
organisations de la Résistance doivent la gagner pour
maintenir
les droits du
Peuple palestinien.
(1) http://www.robertbibeau.ca/palestine/Voeux2010.doc
(2) http://www.aloufok.net/spip.php?article2575
(3) http://www.ledevoir.com/international/proche-orient/297886/colonisation-netanyahou-echange-un-gel-contre-israel-etat-juif?utm_source=infolettre-2010-10-12&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne
(4) http://www.ledevoir.com/international/proche-orient/297886/colonisation-netanyahou-echange-un-gel-contre-israel-etat-juif?utm_source=infolettre-2010-10-12&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne
(5) http://www.aloufok.net/spip.php?article2579