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LA
NOUVELLE LUBIE DE LA GAUCHE PALESTINIENNE ET ARABE SAMIDOUN 15.11.2010 http://www.robertbibeau.ca/palestine3.html |
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Une nouvelle lubie parcourt les
rangs de la « gauche »
arabe en concertation avec les collaborateurs de
l’Autorité palestinienne (voir
le texte en annexe). Cette lubie, ce leurre, que dis-je, ce mirage et
cette
trahison porte le nom de « Proclamation
unilatérale de l’État national
palestinien ». Évidemment, pour faire bonne
mesure et prendre la
posture qui sied, la « gauche » arabe, dans le
communiqué final de la
rencontre de Beyrouth (22 et 23 octobre 2010) assortit sa
« menace »
de spécifications effrayantes : « avec Al Quds
pour
capitale et à réaliser le droit au retour des
réfugiés dans leurs terres…»
(1). Comment parviendront-ils, sur le
terrain, à
concrétiser cette « menace » contre
l’entité sioniste? Pas plus la
« gauche » que la droite dans l’OLP, le
Fatah et l’Autorité n’en
soufflent mot. En fait, leur maître à penser, le
« négociateur »
palestinien non mandaté Saëb Erakat révèle le
moyen qui sera mis en œuvre pour
concrétiser cette « menace », il suffira
de demander aux maîtres de
la colonie israélienne sioniste, les États-Unis
d’Amérique, de reconnaître
l’État palestinien dans les limites de la Ligne verte
avant l’invasion de
1967. Le reste de la terre palestinienne
est déjà concédé par Erakat à
l’État sioniste, on ne refait pas l’histoire
voyez-vous. Du droit de retour aucune mention de la part du
négociateur en
chef. Le communiqué
final de la conférence des organisations de la gauche arabe fait
bien mention
du terme résistance et appelle à l’unité
entre les collabos de l’Autorité
palestinienne et la résistance palestinienne pour une vraie
démocratie… La
démocratie, elle avait pourtant parlé, en 2006, et elle
avait rejeté ces
tactiques de compromission et de trahison nationale. Le peuple
palestinien démocrate
n’en finit plus de souffrir pour s’être alors
démocratiquement prononcé. Bien entendu, proclamer
unilatéralement
l’« État
palestinien » en indiquant les
« limites » qu'il ne faut pas dépasser
pour ce rêve irréaliste est très facile à
réaliser. Vous pouvez même parier qu’aussitôt
proclamé, plusieurs États complaisants (les
régimes arabes qui ont abandonné le
peuple palestinien à son sort, notamment) s’empresseront
de
« reconnaître » le nouvel État
virtuel, qui n’aura, d’État, que le nom
pompeux, sans aucun contrôle sur son territoire, sans aucune
possibilité de
faire respecter ses droits, ses pouvoirs, sa législation, ses
frontières, un pseudo-pouvoir
« étatique », qui, de fait, continuera,
à travers l’Autorité
palestinienne, à pratiquer la chasse aux résistants en
Cisjordanie, à
abandonner les réfugiés dans les camps et à
gémir pour que, de concert, Israël
et l’Égypte fassent enfin tomber le pouvoir du Hamas
à Gaza et remette Gaza
dans leur escarcelle pour l’attribution des juteux
contrats de reconstruction offerts par la
« communauté
internationale » (si, et seulement si… (2)). Ah, que
reviennent les
beaux jours où l’ensemble du bantoustan palestinien
était géré par une seule
main de fer et les colonies « juives »
sécurisées par une seule
Autorité… sans autorité (3) ! Par ce
communiqué, la « gauche » arabe se
positionne à droite du Hamas et,
surtout, à droite du Jihad Islamique – deux organisations
islamistes et donc
implicitement située à droite sur
l’échiquier politique, selon la taxonomie des
axes qui fait autorité en Occident. Le Jihad Islamique propose quant
à lui une
authentique orientation de gauche, à savoir que
l’État colonial israélien,
créature de l’impérialisme occidental, hier
dirigé par l’empire Britannique et
aujourd’hui dirigé par les États-Unis
d’Amérique, que l’ensemble de la base
militaire permanente des USA au levant, soit démantelé et
que la totalité de la
terre arabe soit libérée de l’occupation coloniale,
et pas seulement une partie
d’Al-Quds ou la superficie occupée après 1967 par
les forces sionistes comme le
propose la bande de collaborateurs qui contrôle
l’Autorité palestinienne en ce
moment et qui se fait justement le promoteur de cette
« menace »
d’auto-proclamation bidon, dont la gauche se fait
aujourd’hui le perroquet.
Quel paradoxe, la soi-disant droite résistante située
à gauche de la soi-disant
« gauche » démocratique :
intéressante confusion des genres,
n’est-ce pas ? Voilà une
« menace » que l’entité sioniste
(Israël) aimerait bien voir se concrétiser au plus
tôt. En effet, comme nous
l’expliquions dans un article précédent, Benjamin
Netanyahu exige que les
indignes négociateurs palestiniens sans mandat du peuple
Palestinien reconnaissent que
l’État hébreu est un État hébreu,
patrie de tous les
« juifs » de la Terre, une théocratie,
s’indignait Gidéon Lévy
(4). Par cette exigence, Netanyahu
n’essaie pas de satisfaire un
‘caprice’, mais de compromettre encore d’avantage
l’Autorité palestinienne dans
la reconnaissance et l’acceptation de l’usurpation et de la
spoliation des
terres arabes de Palestine, ainsi que dans la renonciation officielle
aux
résolutions de l’ONU qui accréditent les droits
palestiniens et dans la
répudiation du droit de retour. L’auto-proclamation
bidon de l’État palestinien à
l’intérieur des limites de la Ligne verte, sans disposer
d’aucun moyen ni de faire respecter cette
« souveraineté » ni de
faire reculer la mainmise israélienne sur Jérusalem
(Al-Quds) et sans
possibilité d’assurer le retour des réfugiés
(si ce n’est, peut-être, un jour,
à l’intérieur du bantoustan palestinien –
quelques villes emmurés que les
israéliens exigent que l’Autorité administre de
façon à se décharger de ce
fardeau coûteux) oui, ce droit de retour sans retour est
envisageable pour les Israéliens.
Le seul résultat qu’aurait l’auto-proclamation
serait l’officialisation du
renoncement des Palestiniens à tous leurs droits nationaux, au
droit de retour
et à une grande portion de leur terre. Soyez
assuré qu’Israël et les
États-Unis seront les premiers pays à reconnaître
ce nouvel État fantoche, suivis en cela, comme il se doit, par
l’Union européenne,
si elle ne se fait pas damier le pion par l’Égypte,
l’Arabie Saoudite et
quelques autres États arabes du même acabit. Que fait la
« gauche » arabe assise avec Saëb Erakat et
Mahmoud Abbas à droite de
la résistance palestinienne ? __________________________ (1) La rencontre de
la gauche arabe. Beyrouth 22-23 octobre 2010. http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-beyrouth-rencontre-de-la-gauche-arabe-60538189.html Annexe : RECONNAISSANCE DE
L’ÉTAT PALESTINIEN DANS LES FRONTIÈRES DE 1967 |