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POURPARLERS DIRECTS
ET SAMIDOUN 15.09.2010 |
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Dans un volume célèbre le
Président Jimmy Carter proposait le slogan suivant :
«Palestine : La paix, pas
l’apartheid »
(1) L’ex-Président États-unien aurait
été mieux avisé d’intituler son
livre : « Apartheid ou transfert ?»,
c’est le véritable choix
qui se présente aux Palestiniens vivant sous gouvernement
sioniste en l’État
d’Israël et bientôt dans toute la Palestine
occupée. Les pourparlers directs Si certains doutent encore de la nature
raciste de «l’État pour les juifs
ou de l’État juif »,
selon que vous vous adressez à un intégriste religieux juif ou à un
raciste laïque
sioniste, il suffit d’examiner attentivement le
débat israélien entourant la reprise des « pourparlers
directs » entre Netanyahu
et Abbas pour lever
toute ambiguïté. Dans ces quelques lignes le journaliste
Jacques Benillouche tente
de résumer cette problématique entre les racistes
laïcs et religieux au pouvoir
en Israël : « Dans la reprise
du dialogue avec les Palestiniens, la
définition de l’État d’Israël pourrait
bien être le point de blocage qui
fera basculer la négociation. L'aile droite nationaliste et les
religieux
de la coalition du gouvernement Netanyahu insistent pour ouvrir le
débat sur la
nature juive de l'État d'Israël restée volontairement ambigüe
depuis la
naissance du pays en 1948. Ils veulent s’en servir comme
d'un prétexte
pour contraindre le gouvernement à cesser toute
négociation jusqu’à obtention
d’un engagement ferme des Palestiniens à reconnaître
Israël comme État juif »
(2). Et le journaliste de poursuivre : « En donnant une
connotation purement religieuse à un État qui
s’appuierait sur les lois de la Halakha,
(3) les tenants de ce dogme combattent en fait les laïcs
israéliens qui
considèrent que leur identité s’exprime en dehors
du rabbinat. Ces derniers
préfèrent la notion «d’État
des juifs»
qui enlèverait toute référence à la
religion (...) En cette période des grandes
fêtes de Roch Hachana,
le nouvel an, et de Kippour, la religion pèse sur un pays qui
voit un
demi-million de ses citoyens fuir vers des horizons étrangers
pour échapper au
poids des tenants du Livre sacré. Le ministre des Affaires
étrangères Avigdor Lieberman,
dont la conviction laïque est clairement affichée,
s’est emparé de ce débat
pour, en fait, vouer aux gémonies la minorité
arabe qu’il n’estime pas
loyale vis-à-vis de l’État d’Israël. Leader populiste d’une
communauté
d’immigrés russes qui ont perdu leurs repères juifs sous le régime
soviétique, il multiplie les embûches juridiques pour tenter
d’exclure les
minorités de la nation israélienne. Durant sa campagne électorale,
il avait
remis en cause la citoyenneté des arabes d’Israël et
avait proposé de les «transférer» vers le futur État
palestinien. Il s’était déjà
prononcé, avant tous les autres dirigeants, pour
deux États pour deux peuples. En échange
d’Oum El-Fahm, village arabe
israélien, il avait proposé d’annexer des blocs
d’implantations de Cisjordanie
pour avoir «un État juif à
100%».
Il s’était alors senti encouragé par les sondages
qui démontrent que 55%
des
juifs israéliens pensent que le gouvernement devrait encourager
l’émigration
des arabes et que 50% prônent leur transfert. Il avait alors affirmé: « Selon moi, pour
obtenir une paix
et une sécurité à long terme, nous devons
opérer une véritable division
politique entre
les arabes et les juifs ». Le journaliste se méprend donc sur
les intentions véritables des uns
et des autres. Les pourparlers directs entre Netanyahu et Abbas ne vise
précisément qu'à cela : amener un
représentant Palestinien à se
compromettre et à parapher une entente qui affirmerait la
reconnaissance
explicite de l’existence d’un État raciste –
israélite – sur les terres ancestrales
palestiniennes. Le différend en cours en
Israël porte sur la formulation
raciste religieuse ou raciste laïque du parchemin à imposer
au Président Abbas.
La question de l’étendue du bantoustan qui sera
laissé en gestion à l’Autorité
palestinienne (22% ?) et en corollaire de l’étendue
définitive de l’État
d’apartheid israélien (78 % ?) est une question
subsidiaire qui sera tranchée
plus tard après avoir
obtenu la capitulation totale des Palestiniens et la
signature de leur propre renonciation définitive à leurs
droits fondamentaux (droit
de retour, droit d’occupation et
d’exploitation de leur terre ancestrale, droit de se
défendre, droit de
résistance, etc.). Benjamin
Netanyahu a déjà choisi son camp et l’affiche
clairement,
le Premier ministre israélien a compris que la survie de
l’entité sioniste est
conditionnée par la reconnaissance d’un bantoustan
palestinien portant le nom
d’État palestinien : « Benjamin Netanyahou
n’est pas particulièrement
éloigné de ces thèses. Dans son discours
du 14 juin 2009 à
l’université de Bar Ilan, reflétant un large
consensus, il avait présenté sa
vision politique de la résolution du conflit. Il avait
exprimé son empressement
à «voir
un État
palestinien établi à côté d’un
État juif à condition que les
Palestiniens reconnaissent l’État d’Israël
comme la patrie nationale du
peuple juif».
Il a réitéré ses propos face à Mahmoud
Abbas le 2 septembre: «Nous
attendons que vous
reconnaissiez Israël comme l'État- nation du peuple
juif.»(4). Netanyahu est
concis : pas d’État pour les Palestiniens à
moins d’un État pour les juifs
exclusivement. Soulignons au passage que l’un des concepts
réfère à un
peuple, une nation (palestinienne) tandis que le second
réfère à un groupe
religieux qui ne constitue ni une race, ni un peuple encore moins une
nation
(juive). Israël, qui n’a pas de
Constitution, est régi par quatorze
Lois
fondamentales votées par la
Knesset. De nombreux juristes
estiment qu’il
n’est pas nécessaire de légiférer à
nouveau puisque la dixième loi votée en 1992, intitulée «Dignité
humaine et liberté» stipule que «l'intention
de cette loi est
de protéger la dignité humaine et la liberté, pour
établir dans une loi
fondamentale les valeurs de l'État d'Israël en tant
qu'État juif et démocratique».
Ces juristes n’ont pas compris que la validité de cette
dixième loi israélienne
dépend de la renonciation des Palestiniens à leur
droit fondamentaux sur
la terre palestinienne et à leur acceptation de
l’entité raciste israélienne,
c’est ce que recherche Netanyahu par ces pourparlers.
Dans un tel contexte il est assez inquiétant de lire
que les
reporters arabes font état d’un certain nombre de
rencontres en coulisses,
l’une d’elles entre Haniyeh (Hamas) et Sakhr
Bassisso, membre du FCR
(Conseil Révolutionnaire du Fatah), qui est venu de Ramallah
à Gaza pour
représenter le président Mahmoud Abbas aux
funérailles. « Une fois la
réunion rendue publique, Haniyeh a appelé dans son
discours la direction du
Fatah à hâter la tenue d’un dialogue avec le Hamas
afin d’en terminer avec les
divisions en Palestine. Bassissi a immédiatement donné
son accord pour que
bientôt ait lieu une réunion bilatérale entre les
deux groupes. » (9). La
réalité sur le terrain est toute
autre comme le constate Kayed Al-Ghoul, membre du comité
central du
Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), le Fatah
et les leaders
de l’OLP, ont transféré les efforts menés en
vue d’une réconciliation
interpalestinienne vers les négociations directes avec
Israël. « Non seulement la direction de l’OLP
a donné le droit à Israël de prendre davantage de
terre en donnant son accord
pour redémarrer des négociations directes, mais elle a
aussi avec cette
décision effacé tout espoir de dialogue
national »,
a déclaré Al-Ghoul
à Al-Ahram Weekly. Pour lui, la relance des pourparlers est le
résultat de la
pression exercée par les États-Unis et elle aggrave la
fracture
interpalestinienne ; en effet, en décidant de se lancer
dans des
négociations directes sans consultation de toutes les factions
palestiniennes,
le Comité Exécutif de l’OLP a accentué les
divisions et a pris des décisions de
façon personnelle et unilatérale. » (10). Le mot de la fin revient à Mekhemar Abu Saada,
professeur en
science politique à l’université Al-Azhar de Gaza,
qui pense que pour
l’instant, il n’y a aucune base pour une
réconciliation palestinienne
: « Nous
devons admettre
que nous avons atteint le point de non retour en termes de
réconciliation.
Le Hamas et le Fatah ont imposé de facto des
réalités sur le terrain à Gaza et
en Cisjordanie. Il est impossible aux deux groupes de revenir à
la situation
qui prévalait il y a trois ans. La situation actuelle ne laisse
place à aucune
réconciliation, même artificielle, à cause du
gouffre qui sépare les deux
groupes. »(11). Effectivement,
il
n’est pas approprié que les forces de la résistance
négocient la réconciliation
nationale avec ceux qui accréditent l’entité
sioniste et ses visées sur la
terre palestinienne et qui songent sérieusement aux transferts
de population. _________________________ (1) Jimmy Carter. http://www.amazon.fr/Palestine-paix-lapartheid-Jimmy-Carter/dp/2841879763 (2) Jacques Benillouche. Slate.fr
12.9.10. http://www.slate.fr/story/27167/israel-etat-juif-ou-etat-des-juifs (3) http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9299 (4) http://www.slate.fr/story/27167/israel-etat-juif-ou-etat-des-juifs (5) The Legal Center for Arab Minority Rights in
Israël
(ADALAH) http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9299 (6) http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9299 (7) http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9299 (8) http://www.israel7.com/2010/09/partenaires-vous-avez-dit-partenaires/ (9) Saleh
Al-Naami - Al Ahram Weekly 11.09.2010. (10)
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9383 |