« Ceux (les
palestiniens) qui voudront partir de Judée-Samarie nous les
laisserons partir.
Ceux qui ne voudront pas partir de Judée-Samarie
vivront comme des chiens. »
Moshe Dayan. Chef d’état
major israélien.
« Toute la terre que nous
prendrons sera à nous. Ce que nous ne prendrons pas sera
à eux (les Palestiniens). »
Ariel Sharon. Premier ministre
d’Israël.
Ces deux hommes ont prononcé
ces paroles à 30 ans d’intervalle. Benjamin
Netanyahou aurait pu répéter ces paroles cette
semaine
devant son conseil des ministres vingt ans après Sharon. Il y a
bien continuité historique dans le
développement de la politique sioniste
de nettoyage ethnique et d’apartheid au pays du
« peuple élu », cette terre que
Yahvé aurait promise à « son »
peuple et d’où sont exclus les goyim.
Samedi le 17 avril 2010 le premier
ministre Benjamin Netanyahou a officiellement Informé le
président américain Barak Obama
qu’il rejetait toute requête l’intimant
de cesser la construction de nouveaux logements à
Jérusalem-Est (1). Le mois précédent,
dans un discours devant l’AIPAC, le fer de lance
du lobby israélien à Washington,
« bibi » avait déjà
réitéré la mythologie mystique sur
laquelle s’appuie les prétentions religieuses
« juives » sur la terre de Palestine en
déclarant : « Le
peuple juif construisait déjà Jérusalem
il y a 3.000 ans et il continue à le faire aujourd’hui.
Jérusalem n’est pas une colonie. C’est notre capitale. ». Et Netanyahou
d’ajouter :
«Tous les gouvernements israéliens ont construit dans les
"quartiers juifs" de la partie orientale de la ville sainte depuis sa
conquête et
son annexion en 1967.» (2).
Le premier ministre israélien a tout
à fait raison, tous les gouvernements israéliens que ce
soit ceux dit de « gauche » comme ceux
d’extrême
droite ont poursuivi l’occupation, la colonisation,
l’exploitation des ressources, le nettoyage ethnique et la
politique d’apartheid en Palestine occupée.
Il y a bien continuité historique dans le
développement du projet sioniste en Palestine.
Les positions sionistes défendues par
Netanyahou et son gouvernement n’étant pas nouvelles,
elles ne peuvent surprendre le gouvernement américain.
Qu’est-ce donc qui a changé au sein de la sainte alliance
(USA-Israël) pour que les deux
acolytes en soient venus à s’admonester sur la place
publique ?
À cette question, deux
réponses plausibles.
La première hypothèse ; le président
américain aimerait bien contrebalancer ses déboires
internationaux en Irak, en Iran et en Afghanistan
et laisser une image positive de son règne par la
« résolution » du conflit israélien. Mais le puissant gouvernement de Tel-Aviv,
soutenu par
l’omnipotent lobby israélien à Washington, ne
souhaite pas résoudre ce conflit avant d’avoir accaparer
toute la terre de Palestine, du Jourdain
à la Méditerranée, et cet attelage est en mesure
de tenir la dragée haute au velléitaire
président des États-Unis
d’Amérique.
La seconde hypothèse ; le président
américain aimerait bien contrebalancer ses déboires
internationaux et renforcer la position américaine dans
cette région du monde par un remodelage de ses alliances ou
l’Iran et la Turquie notamment joueront un rôle beaucoup
plus important. Pour cela,
il est requis de « régler » le conflit
israélien en assurant la création d’un État
pour palestiniens sur le reste des 18 % de terre de la Palestine du
mandat Britannique occupée mais pas encore nettoyée
(ethniquement) ni colonisée. D’ailleurs, cette
seconde solution est dans l’intérêt bien
compris des sionistes israéliens qui se voient de plus en
plus isolés sur la scène internationale en tant
qu’État paria que les peuples du monde
identifient de plus en plus comme une dangereuse source de guerre (3).
C’est ce qu’ont compris les amis des sionistes
(Bernard-Henri Lévy et Cohn Bendit).
Pour assurer la survie de l’État ethnique et raciste pour
« juif » seulement il faut créer une
réserve pour palestiniens seulement, l’État
bantoustan de Palestine.
D’aucun diront qu’a
l’évidence la rebuffade que vient d’encaisser le
président Obama à propos de la colonisation
démontre que seule la première
hypothèse tient la route. Il n’en n’est
rien. De tout temps les gouvernements israéliens ont
rechignés à rendre les territoires spoliés. Il en
fut ainsi
lors de l’invasion franco-britannico-israélienne du canal
de Suez en 1957. Pourtant, quand Eisenhower leur intima l’ordre
de déguerpir, ils se retirèrent
en trainant les pieds. De même, après la guerre des six
jours, en 1967, Les américains exigèrent le retrait du
Sinaï afin de protéger l’accès au
canal de Suez et ils l’obtinrent des israéliens.
Aujourd’hui, les américains refusent qu’Israël
attaque l’Iran et Israël n’attaquera pas l’Iran
même
si « bibi » rugit et psalmodie.
Mais alors comment comprendre la
désobéissance du cabinet israélien et son rejet de
l’ultimatum américain au sujet de la colonisation,
condition
de la reprise des « négociations de paix
» ? La tactique sioniste a
toujours été la même. Gagner du temps, poursuivre
la colonisation, s’accaparer
de la plus grande superficie de terre possible, construire, spolier et
placer tout le monde devant le fait accomplit,
irrémédiable, irréversible, croit-il.
«Toute la terre dont vous vous emparerez sera à nous. Ce
que vous ne prendrez pas sera à eux (les
palestiniens) » disait Sharon. Netanyahou
applique la politique de Sharon. « Ceux qui voudront partir
de Judée-Samarie, nous les laisserons partir. Ceux qui resteront
vivront comme des chiens »
disait Dayan, effectivement les palestiniens vivent
comme des chiens en Palestine occupée.
Netanyahou espère gagner du
temps, poursuivre la colonisation pour à la fin se rendre
à la table de négociation visant à conclure un
traité de
« paix » et créer l’État
bantoustan palestinien sur ce qui restera alors des 18 % de la terre
palestinienne pas encore colonisée. La portion congrue.
L’espérance du gouvernement israélien rebelle
c’est que ce reste des 18 % sera aussi petit que possible
à défaut de n’être rien du tout. Mais pour
que ce reste ne soit plus rien du tout il faudrait extrader les cinq
millions de palestiniens qui habitent toujours leur terre de Palestine
expropriée et
nous voyons mal comment un tel transfert pourrait être se
faire quand on connaît la résilience du peuple
Palestinien.
Les collaborateurs palestiniens de
l’occupant israélien sont tout à fait prêt
à gérer quelques villes emmurées qu’ils
appelleront
pompeusement l’État palestinien comme ils ont auparavant
qualifié d’Autorité palestinienne, une
superstructure de gestion des
terres et d'un peuple sous occupation. Ils espèrent, sans
résister, mais en pleurnichant auprès du président
Obama que les sionistes leur laisseront
quelques villes exsangues à gérer pour le compte de la
puissance coloniale.
Dommage pour eux comme pour les
sionistes, ainsi que pour l’autorité américaine,
mais le peuple Palestinien et son leadership résistant ne
l’entendent pas de cette façon et il y a fort à
parier que le problème palestinien ne trouvera pas sa solution
au cours des prochaines négociations
de Washington car il y a continuité historique
dans la résilience de ce peuple valeureux.
ANNEXE
Israël rejette officiellement la demande
des Américains pour une suspension des constructions à
Jérusalem-Est
Agence France Presse. Jeudi le 23 avril 2010.
Le Premier ministre israélien Benjamin
Netanyahou a officiellement rejeté la requête du
président américain Barack Obama pour une suspension
de toutes les constructions à Jérusalem-Est, a-t-on
appris auprès de son entourage.
On précise de même source que Netanyahou a transmis sa
réponse à Obama pendant le week-end. Cette position
n’est pas nouvelle de la part des
Israéliens et il s’agit d’un obstacle important
à une reprise des pourparlers entre l’État
hébreu et les Palestiniens.
L’émissaire américain pour le Proche-Orient George
Mitchell arrive jeudi dans la journée en Israël. Les Palestiniens souhaitent faire de
Jérusalem-Est la capitale d’un futur État,
tandis que l’État hébreu tient la ville pour sa
capitale éternelle et indivisible.
(1) Source :
http://www.aloufok.net/spip.php?article1758
(2) Source : http://www.aloufok.net/spip.php?article1617
(3) « Mauvaise image d’Israël dans le
monde » http://www.aloufok.net/spip.php?article1764
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/04/23/le-camp-de-la-paix-juif-tente-de-renaitre-en-europe_1341657_3218.html