Si la Palestine
m’était contée
Il est fortement recommandé d’aborder
l'ensemble des
problèmes,
des événements à présenter, à
analyser ou à expliquer sur le territoire de la
Palestine mandataire en les traitant d’abord sous l'angle de LA QUESTION NATIONALE PALESTINIENNE.
Il n’est pas recommandable de privilégier
l'angle du « conflit »
israélo-palestinien, ni de privilégier l'angle
d’analyse du sionisme et des
négociations de paix, ni l’angle de la violence et de la
non-violence, ni
l’aspect de la réconciliation nationale, etc. (1).
Ne jamais privilégier non plus l’analyse sous
l’angle de l’État à construire
en Palestine occupée, ne jamais privilégier aucun autre
angle que LA
QUESTION NATIONALE PALESTINIENNE. Les autres problèmes
subsidiaires à
LA QUESTION PALESTINIENNE lui sont subordonnées et
s’éclairent à la lumière de
cette question.
Quelle différence de perspective me direz-vous ? Toute une
différence. En adoptant l’approche de la question
nationale palestinienne chaque
question secondaire prend la place qui lui revient et l’analyste
évite de se
laisser emporter par toutes sortes de distracteurs, toutes sortes
de
leurres, de pseudo-problèmes vers lesquels nous entraînent
les amis bien
intentionnés de la Palestine occupée. Le risque est grand
alors de ne rien comprendre,
d’expliquer tout de travers, d’embrouiller plutôt que
de clarifier et
ainsi d’intervenir maladroitement dans le combat palestinien.
Prenons la question en
débat dans la « communauté
internationale » (2) à propos de la création
d’un seul État binational,
laïc et démocratique, ou alors de deux ou pourquoi pas
de trois États en
Palestine occupée (Gaza, Cisjordanie, Israël) !
Question qui, incidemment,
ne soulève aucune passion parmi les Palestiniens.
Un individu pourrait aborder ce problème par
l’interrogation
suivante : Dois-je soutenir la solution d’un seul
État démocratique, laïc
et républicain ou dois-je appuyer la solution de deux
États et pourquoi pas de
trois États sur le territoire de l'antique Palestine du mandat
britannique ? La
réponse devient rapidement évidente pour l’individu
préoccupé par LA QUESTION
PALESTINIENNE.
Naissance
de la question palestinienne
Arbitrairement,
remontons historiquement à l'année
1920. Il n'y avait pas alors de QUESTION PALESTINIENNE.
Ce
territoire était occupé par le peuple arabe local, que
nous pourrions déjà
prénommer le peuple palestinien à contrario de
madame Golda Meir, la chef
sioniste israélienne, qui prétendit sa vie durant que le
peuple palestinien
n’existait pas, alors que nous nous savons que c’est le
peuple
« juif » qui n’existe pas en tant que
nation. À cette époque
des Arabes de religion musulmane côtoyaient des Arabes de
religion judaïque
(juifs) et d'autres de religion chrétienne, etc. La paix
régnait entre eux et
il n'y avait aucune Shoah de l'une envers l'autre partie de la
communauté
nationale en émergence. Un seul peuple divisé en
plusieurs confessions
religieuses comme il en existe dans chacun de nos ensembles nationaux
(Canada,
France, Allemagne, États-Unis, etc.) occupait cette terre
bénie des dieux et
promise à nul autre qu’à ceux qui
l’habitaient.
Que s'est-il passé entre 1920 et 1948 ? Les
impérialistes britanniques, français et allemands ont
créé LA QUESTION
PALESTINIENNE en expatriant vers cette terre des milliers
d’Ashkénazes, des
gens de différentes nationalités européennes mais
possédant la caractéristique
commune de présenter un nom à consonance
« juive », ou encore pour
certains d’entre eux de pratiquer la religion judaïque
- juive –, souvent
des gens fanatisés par l'idéologie raciste sioniste.
Ces émigrés
sionistes ont commencé à s’emparer de la terre,
à se
former en milices terroristes, à provoquer des troubles,
à commettre des
attentats terroristes et à tuer des Palestiniens de
différentes religions, y
compris de religion juive. Ils ont poussé l'audace,
encouragés en cela par les sionistes d'Europe et
armés par les
impérialistes britanniques et français (3), jusqu'à lancer une offensive
de conquête et de nettoyage
ethnique expulsant entre 700 000 et 800 000 Palestiniens devenus les
réfugiés
de la Naqba dans leur propre contrée.
LA QUESTION
PALESTINIENNE était née. Elle devenait la
bataille du peuple
palestinien pour le recouvrement de sa terre, de ses droits, de ses
habitations, de sa dignité, du maintien de son vouloir-vivre
collectif sur sa
terre ancestrale. LA QUESTION PALESTINIENNE est une question de lutte
de
libération nationale. Ce n'est pas d’abord une question de
violence ou de paix,
ce n'est pas d’abord une question de lutte pour le socialisme, ni
de lutte pour
les droits civiques, pour la libération de la femme, ni une
question de partage
de la terre entre l'occupant et l'occupé et encore moins de
constitution de un
ou de plusieurs États sur le territoire occupé par les
sionistes. Ces questions
subsidiaires s’intègrent à la question
principale qu’elles orientent. Elles doivent être prises en
charge et
résolues par le peuple palestinien dans le cadre de sa lutte de
libération
nationale.
LA QUESTION PALESTINIENNE est une lutte de libération nationale
classique. La solution de LA QUESTION PALESTINIENNE concerne
d'abord les
Palesti- niens. Le choix de la nature, de la forme de
l'État et du nombre
d'États à naître sur cette terre qui est la leur
les concerne
exclusivement. Associeront-ils les envahisseurs sionistes, les
colonialistes hébreux à cette démarche et de
quelle façon, est aussi une
question qui les concerne eux et eux exclusivement. LA QUESTION
PALESTINIENNE
traite du recouvrement par le peuple palestinien (pas par l'oligarchie
palestinienne, non plus que par l'Autorité palestinienne, pas
plus que par
l'OLP ou par le Hamas) de ses droits nationaux
inaliénables
complets et la récupération de la
terre ancestrale dans son
intégralité; accepter ou non de la partager avec les
descendants des
envahisseurs colonialistes occupants deviendra leur choix et chacun
devra le respecter.
Par ailleurs, LA QUESTION
NATIONALE PALESTINIENNE est une lutte
anti-impérialiste parce que l’impérialisme
occidental dirige le projet colonial
sioniste, le soutient, l’équipe en armement et
l’approvisionne en munitions
meurtrières (4); il le
subventionne, le protège diplomatiquement à l’ONU
et à l’AIEA (5),
l’intègre aux grandes alliances
agressives comme l’OTAN, l’Union Européenne,
l’OCDE, etc. C’est l’agression
de l’impérialisme américain qui fait de cette lutte
de résistance et de
libération nationale une lutte de libération
anti-impérialiste.
La question de
l'État palestinien
Quelle
attitude doivent prendre les militants pour
la libération de la Palestine sur la question de
l'État palestinien ?
Notez que je n'écris pas sur la question
du partage
israélo-palestinien de la terre palestinienne car nous traitons
ici de LA
QUESTION PALESTINIENNE exclusivement - l'État - ou entité
- sioniste est un
avatar qui est né par la guerre et par le sang, qui ne peut
être transformé et
qui sera probablement détruit par la guerre et par le sang (ce
qui ne signifie
pas que les israéliens devront être boutés à
la mer) pour que se résolve LA
QUESTION PALESTINIENNE. Quelle doit être l'attitude des
interlocuteurs
occidentaux à propos de l'État
palestinien ?
Un individu sincère, extérieur à la nation
palestinienne, doit se
mettre à l'écoute du peuple palestinien à travers
ses organisations de
défense et de résistance. L'Organisation de
Libération de la Palestine
(OLP), lors de sa création en 1964, avait
proposé une solution
précise à LA QUESTION PALESTINIENNE, solution qu'elle a
reniée lors du XIXe
Conseil National Palestinien à Alger en 1989, et qu'elle a de
nouveau trahie
lors de la signature des Accords d'Oslo. Ce fut une trahison des clercs
Palestiniens envers LA QUESTION PALESTINIENNE comme le souligne Khaled
Mesh'al
dans une entrevue (6). La récente décision du FPLP
de quitter l’OLP
s’explique dans ce contexte (7). La prétendue
« unité nationale »
entre le Hamas, qui dirige la résistance, et le Fatah qui dirige
la capitulation
est pour sa part incompréhensible (8).
Le
Hamas et plusieurs autres organisations de résistance du peuple
palestinien sont nées ou ont prospéré suite
à cette trahison et à
cause de cette trahison de la question nationale. Ils furent la
réponse du
peuple palestinien à cette trahison. La Charte de l'OLP
n'était pas et n'est
toujours pas obsolète dans ses principes ni dans sa ligne
stratégique. Le Hamas n’a pas été
créé par le Mossad contrairement à ce
que prétend la propagande israélienne. Mohamed
Al-Rantissi, frère
de l’un des fondateurs du Hamas, a très bien décrit
dans son livre intitulé
« Survivre à Gaza» (9) la
naissance de cette organisation dans l’adversité et la
répression sioniste. Le
Hamas a été créé pour reprendre le
flambeau abandonné par l'OLP.
De bon droit le Hamas et
d'autres organisations de la résistance,
qui représentent ensemble la majorité du peuple
palestinien, rejettent la
décision du XIXe Conseil National Palestinien ainsi
que les
Accords d'Oslo, ne reconnaissent pas l'entité sioniste et
n'acceptent pas la cession
de 80 % de la terre palestinienne à l’envahisseur
sioniste, aux colonialistes.
Un militant pro-palestinien
appuie et soutient les organisations
de la résistance ainsi que les solutions que
celles-ci proposent à LA
QUESTION PALESTINIENNE. Il n'est pas de question de
« un, deux ou
trois États » qui tienne. Tout ceci n'est que leurre.
Il n’y a que
LA QUESTION PALESTINIENNE et l’avènement d'un territoire
palestinien totalement
libéré du colonialisme sur l’ensemble de la
Palestine historique qui importe.
Sera-t-il démocratique, laïc ou musulman,
républicain ou royaliste comme la
Grande-Bretagne et la Suède, l’État
régissant ce territoire libéré? Cette
question ne concernera que les Palestiniens une fois leur territoire
libéré du
colonialisme et il y a encore beaucoup à faire avant ce jour.
Pour conclure, l'État
palestinien sur tout le territoire de
la Palestine historique adviendra-t-il dans vingt ans ou après
191 ans
d’occupation comme il en fut de la destruction du Royaume
Latin de
Jérusalem érigé par Baudoin 1er
et les Croisés européens
en 1100 de notre ère et libéré par les
Mamelouks d’Égypte en 1291 ap.
JC, nul ne saurait le dire avec certitude, mais il adviendra.
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