C’est
dommage, mais ils se discréditent eux-mêmes, les
« conspirationnistes ». À trop vouloir en
faire, ils s’isolent et ils
perdent la confiance de leur auditoire. Que les politiciens
américains soient
méchants, prévaricateurs, hypocrites et menteurs,
à-peu-près tout le monde en
convient. Il y a, bien entendu, une frange de la petite bourgeoisie qui
le nie,
mais ce n’est que pour conserver sa valeur marchande sur la
bourse des petits
boulots intellectuels dans le souk des media.
Attribuer tous les crimes du monde aux sionistes israéliens
n’est pas utile
(2). Les sionistes ne sont pas tout-puissants, ils ne sont pas aussi
intelligents qu’on voudrait nous le faire croire, ils n’ont
pas le don
d’ubiquité et il existe d’autres criminels de guerre
sur Terre. Enfin, ils ne
sont pas invincibles (comme le Hezbollah l’a prouvé) et
ils font des erreurs
quand leurs alliés les trahissent (comme l’attentat de
Dubaï l'a démontré).
Jeff Gates est un spécialiste
de la
politique israélienne et une source fiable de rumeurs sur les
complots ourdis
par les sionistes israéliens et leurs suppôts. Analysons
ses propos, tenus sur
le site web Criminal State sous le titre « Wikileaks
The Tel-Aviv Connection» (1).
Le titre de l’article en
dit long : le coup fumant de l’équipe Wikileaks serait
une machination sioniste-israélienne pour détourner les
regards des exactions qu’ils
commettent en Palestine occupée. L’allégation de
machination machiavélique de
Jeff Gates est basée sur trois observations, que l’auteur
présente comme des
évidences.
Première remarque que nous livre Jeff
Gates : « Que va faire Tel-Aviv,
maintenant que tout le monde sait que ce sont les Israéliens et
les
pro-israéliens qui ont « mis au point » les rapports
de renseignement ayant
incité les États-Unis à faire la guerre à
l’Irak ? ». Vous comprenez la
supercherie ? Non ! C’est pourtant l’évidence.
George W. Bush, ex-président
américain, ne s’est pas laissé entraîner
dans l’invasion irakienne par des renseignements erronés.
C’est tout le
contraire, Bush voulait envahir l’Irak puis l’Afghanistan
et encerclé l’Iran et
il a ordonné à ses alliés sionistes de
préparer les documents, les fausses
preuves, les artéfacts trafiqués (comme cette ridicule
bouteille d’anthrax qu’a
exhibée Colin Powell) requis pour
vendre
ce projet guerrier aux citoyens américains.
Bush et son équipe
gouvernementale ne se sont pas laissé duper : ils ont
délibérément trompé les Américains
et les Israéliens, leurs hommes de mains,
ont fabriqué le bobard qu’on leur avait commandé.
C’est ainsi que s’est
construit le complot pour justifier l’attaque de l’Irak.
Deuxième remarque que nous présente le
zélé conspirationniste.
Il écrit, dans cet article du Criminal State : « Le rôle d’Israël dans le
processus de paix a
disparu des infos. (…) Obama a-t-il hésité un seul
instant à soutenir la
stratégie récente d’Israël consistant à
saboter
les négociations de paix ? ». Depuis 1948, date de la
première invasion
sioniste, il n’y a jamais eu de processus de paix en Palestine,
c’est l’auteur
lui-même qui l’affirme deux paragraphes plus loin dans son
texte.
Les pourparlers directs en cours entre Netanyahu et Mahmoud Abbas ne
visent
qu’à lui faire parapher son renoncement final aux droits
du peuple palestinien.
Barak Obama le sait et il ne pense pas que Netanyahu réussira ce
coup. Et, même
si Abbas signait le parchemin de la trahison, le mandat du
Président de
l’Autorité sans autorité est échu depuis
vingt mois et il ne prétend
«pourparler » qu’au nom de la population de
Cisjordanie (ce qui est en soi un
mensonge), sans Gaza et sans les camps de réfugiés de la
diaspora (ce qui, en
revanche, est une vérité). La signature d'Abbas au bas de
ce parchemin ne
vaudra rien du tout : elle sera rejetée par le peuple
palestinien.
Finalement,
Jeff Gates ne nous convainc que d’une seule chose, sa
naïveté. Il est
pratiquement le seul « ami » des Palestiniens qui croie
encore à ces
«pourparlers de paix». Barak Obama lui, n’y croit
pas, et pourtant il n’est
pas, il n’a jamais été et il ne sera jamais
l’ami du peuple palestinien,
contrairement à ce qu’allègue M. Jeff Gates.
Troisième remarque que nous assène le
journaliste. Il écrit : « En échange
d’un gel de quatre-vingt-dix jours (de moratoire), qu’Obama
propose, quelle
forme de pot-de-vin l’Amérique fournira-t-elle ? Vingt
avions supersoniques
F-35 à 150 millions de dollars pièce (sans compter les
pièces de rechange,
l’entretien, la formation et l’armement). ».
On a vraiment
l’impression, à lire ces lignes, que l’on observe,
d’un côté, le
bon président américain Barak Obama, qui aimerait bien ne
pas armer, ne pas
équiper, ne pas entraîner, ne pas payer le contingent
installé sur la base
américaine israélienne en Méditerranée et,
de l’autre côté, on observerait un
commandant retors qui, par ses manigances et son entêtement,
parvient à
arracher l’armement, la solde et la formation pour ses hommes.
M. Gates, tous les présidents américains, depuis
Eisenhower, après l’invasion
du Canal de Suez par l’armée israélienne, ont
toujours équipé, armé, entraîné
et payé le contingent israélien installé sur la
base américaine au Levant. Barak Obama suit la tradition
américaine
et le prochain président américain, que ce soit Hillary
Clinton ou un autre,
fera de même. Tout cela ne fait pas partie d’une
trahison ; c’est la
politique officielle, connue et affirmée des États-Unis
d’Amérique. Vous êtes
presque le seul à ne pas l’avoir observé, M.
Gates ! Mahmoud Abbas, le
président échu de l’Autorité sans
autorité, lui, le sait.
Le congrès annuel de l’AIPAC, où se pavanent tous
les hommes politiques
américains, n’est pas une contrainte que
s’imposeraient ces politiciens
agressifs, c’est une vitrine qu’ils se sont donnée
pour s’exhiber et afficher
leur puissance et leur hargne vindicative. Si L’AIPAC ne
l’organisait pas, une
autre organisation du grand capital américain le ferait et
chaque politicien
américain s’y précipiterait, chaque année,
entre les primaires visant à
désigner les candidats à la présidence.
Wikileaks fait un excellent travail en exposant au grand jour les
mensonges
dont on nous abreuve quotidiennement et il n’est pas
étonnant que son site web
soit attaqué et son président pourchassé par
Interpol. Espérons qu’il saura
leur échapper et qu’il continuera à nous informer
des manigances et des
complots qui se trament dans notre dos (3).
____________________________________________
(1) http://www.robertbibeau.ca/palestine/jeffgates2.doc
et
http://criminalstate.com/2010/11/wikileaks-the-tel-aviv-connection/
(2) http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14671&type=analyse
Il paraît que l'on ne parle pas beaucoup d'Israël sur
Wikileaks, on ne parle
pas non plus du Népal. Je le savais depuis
longtemps : il y a un lobby pro-népalais tout
puissant à Washington qui
dirige le monde en
cachette…
(3) http://wikileaks.info/