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6.06.2011 |
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Pour
chacune des calomnies et des ignominies
formulées par les
trotskystes puis par les révisionnistes khrouchtchéviens
à l’encontre de
Staline, qualifié par eux d’énorme monstre humain,
sombre, capricieux et
dégénéré, le prolixe auteur, abondamment
documenté (1058 citations), réfute
chaque accusation. Puisant à des sources multiples (400
références),
particulièrement aux auteurs anti-soviétiques virulents,
comme Churchill que
l’on ne saurait soupçonner de sympathie communiste,
Losurdo fait la preuve de
la légende noire anti-stalinienne. Pour que tant de gens de par le monde, y
compris dans l’univers anglo-saxon à
l’anti-soviétisme exacerbé, aient trouvé
convenable
de présenter leurs hommages au peuple soviétique et
à son leader pendant tant
d’années, de fait, jusqu'au rapport
« secret » de Khrouchtchev
(publié par la CIA), il devait bien y avoir quelques raisons
objectives. Les
faits sont têtus et ils sont éloquents comme le
démontre Losurdo. Ils attestent
que Staline a été fidèle au
marxisme-léninisme, à sa classe et à la
construction du socialisme. On doit reconnaître beaucoup de
courage
politique à l’auteur pour oser ainsi affronter
le tsunami de la propagande occidentale à
propos de Staline et
de l’Union Soviétique recouverts tous les deux par un
maelstrom de mensonges
qui se déverse sur eux depuis la guerre froide et même
avant. Domenico Losurdo
se montre d’abord à la hauteur du défi qu’il
s’est posé et il reprend chaque
argument contre Staline et le contredit en s’appuyant sur des
faits historiques
et des documents d’époque. Puis, en postface, son courage
s’évanouit et il
s’arrête en si bon train, rebrousse chemin et donne
à Staline le baiser de
Juda. « Staline
eut comme ligne de conduite de se tenir en dehors des conflits :
jusqu'à
l’aveuglement de ne pas prêter foi aux avertissements qui
lui arrivaient de
plusieurs côtés en juin 1941 (…) il n’est pas
du tout dit que Staline retînt
vraiment comme inévitable l’attaque allemande contre
l’URSS ; et l’état
d’impréparation dans lequel l’opération
Barbarossa trouva les lignes
soviétiques ferait même penser le contraire. »
(1) Pourtant, trois cents pages auparavant
Losurdo, s’appuyant notamment sur la correspondance de Hitler,
avait écrit
ceci à ce propos : « Hitler, qui,
une semaine après, a été obligé de
reconnaître que l’opération Barbarossa avait
sérieusement sous-évalué l’ennemi :
« la préparation guerrière des
Russes doit être considérée comme
fantastique » (…) En ce qui concerne la
Russie, il est incontestable que Staline a élevé le
niveau de vie. Le peuple
russe ne souffrait pas de faim au moment du déclenchement de
l’opération
Barbarossa. « Dans l’ensemble il convient de
reconnaître : des usines
de l’importante des Hermann Goering Werke
ont été construites là où jusqu’il y
a deux ans n’existaient que des villages
inconnus. Nous trouvons des lignes de chemins de fer qui
n’étaient pas
indiquées sur les cartes » (…)
L’inégalable et incontestable contribution de
la Russie soviétique à la défaite de
l’Allemagne nazie est étroitement liée à
l’obstinée Seconde Révolution de
Staline. » (2) Staline tyran, cruel, mégalomane,
benêt,
ignare, incapable, inculte, lâche, traître, mauvais
militaire et j’en passe,
Losurdo entreprend de réfuter une à une chacune de ces
accusations contre le
leader en suivant la trame historique de leur dévoilement depuis
la paix de
Brest-Litovsk (1917) et la construction du socialisme dans un seul
pays, en
passant par la Nouvelle Économie Politique (NEP-1921)
léniniste, l’édification
du socialisme en URSS en s’appuyant sur la nationalisation des
moyens de
production, la primauté de l’industrie lourde, la
collectivisation des terres
et la répression des koulaks (1929), les purges et les
procès de la Grande
Terreur sous la dictature prolétarienne, jusqu'au pacte
germano-soviétique
(1941), la Grande guerre Patriotique que
l’URSS de Staline remporta sur l’hydre nazie et la
Conférence de Yalta (1945),
tout y passe, que le bénédictin italien soumet
sérieusement à la confrontation
des faits et des témoignages historiques. Dommage,
qu’après une déconstruction
aussi méthodique, patiente et particulièrement
convaincante de la légende noire
stalinienne, Losurdo s’effondre et tente à la fin de
sauver sa carrière et de
ménager la chèvre khrouchtchévienne et le loup
trotskyste. L’ultime mystification que Losurdo
n’ose
affronter – ni répudier – porte sur « La
Grande Terreur », la
répression et les goulags, si bien qu’en postface, ce
goupillon qu’il s’était
gardé pour la conclusion, il l’exhibe et en asperge ses
lecteurs
interloqués : « (…) le
conflit permanent et la répression ininterrompue qui
caractérisent les années
de gouvernement de Staline (…) Cette œuvre, y lit-on,
coûta des sacrifices
inexprimables et fut menée avec une rigueur qui ne connut pas de
pitié. La
liberté, le respect de la personne, la tolérance, la
charité furent de vaines
paroles et furent traitées comme des choses mortes
(…) L’univers
concentrationnaire atteint son apogée dans le sillage de la
collectivisation
forcée de l’agriculture et de la main de fer contre les
tendances bourgeoises
et petites-bourgeoises des paysans, membres pour la plupart de
« peuples
sans histoire », pour employer le malheureux langage que
Luxembourg déduit
de Engels. » (3) La question de la terreur
révolutionnaire
est une question politique de classe contrairement à ce que les
« bobos » petits bourgeois humanisants voudraient
laisser entendre.
La seule question pertinente qui mérite d’être
posée à propos de « La
Grande Terreur », tant pour la Révolution
française que pour la Révolution
d’Octobre est « La Terreur de qui, contre
qui ? ». S’il s’était posé
la question le jésuite Losurdo aurait trouvé comme
réponse qu’en pays des
soviets, encerclé et agressé par les puissances
impérialistes, pendant
l’édification du socialisme sous la direction de Staline,
le centralisme
démocratique du parti bolchevique, parti
hégémonique appliquant la dictature du
prolétariat, « La Grande Terreur »
dirigée par la classe ouvrière
frappait les contre révolutionnaires Blancs, la classe des
koulaks
(propriétaires fonciers), la classe des capitalistes
monopolistes et les autres
fragments de la bourgeoisie en cours de désintégration.
Domenico Losurdo aurait
dû avoir le courage de présenter ce point de vue sur
l’œuvre et les
réalisations du Parti Communiste d’Union Soviétique
dirigé par Staline. Le rapport « secret »
présenté
par Nikita Khrouchtchev au XXe Congrès du Parti
communiste d’Union
Soviétique (février 1956) marqua le tournant historique
de la légende noire
contre Staline, l’amorce de la Sainte alliance entre trotskystes,
impérialistes
bourgeois et sociaux-impérialistes soviétiques,
l’apothéose de ce salmigondis
et le début de la dégénérescence
révisionniste du PCUS. Mais surtout, et cela
Losurdo n’en souffle mot dans son ouvrage, cette attaque contre
Staline visait
à couvrir le renversement du socialisme en URSS et le coup
d’État qui venait de
placer la troïka révisionniste au pouvoir au pays des
soviets. Tout ce qui
survint en URSS par la suite ne devrait jamais être
associé au socialisme ni à
Staline…qu’en pense le philosophe Losurdo ? L’épilogue
du révisionnisme khrouchtchévien
est bien connu. L’URSS s’effondra et se démembra
après plus de trente années
d’errances social-impérialistes. Curieusement, jamais
Domenico Losurdo ne
mentionne ce fait historique dans son œuvre,
préférant discourir sur l’univers
concentrationnaire des goulags, fait historique indéniable
qu’il ne replace
jamais dans le contexte révolutionnaire soviétique de la
dictature
prolétarienne en phase d’édification d'une
société socialiste sans exploitation
de l’homme par l’homme, une société où
les reliquats des classes exploiteuses
devaient être mis dans l’impossibilité de nuire
à la révolution en marche. Un ouvrage qu’il faut lire avec
circonspection Staline. Histoire et critique
d’une légende noire. ____________________________________ (1) Domenico
Losurdo. Staline. Histoire et critique
d’une légende noire. Les Éditions
Aden. Bruxelles. 2009. 531 pages. Citation pages 475 et 489. (2) Pages
45, 47, 381. (3) Pages
482, 483 et 173.
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