Le
peuple Palestinien mène depuis plus de soixante ans la dernière lutte de
libération nationale des temps modernes. Il affronte l’une des machines de
guerre les plus puissantes et les plus criminelles de l’histoire de l’humanité.
Voici
comment un Israélien antisioniste, qui a trouvé refuge à Londres, le musicien
Gilad Atzmon, expliquait le dilemme de la gauche, six mois avant
l’invasion américaine en Afghanistan : « Depuis pas mal de temps, il
est très clair que l’idéologie de gauche se débat désespérément pour trouver sa
voie au milieu de la bataille en train d’émerger entre l’Occident et le
Moyen-Orient. Les paramètres de ce qu’il est convenu d’appeler le «clash entre
civilisations» sont si clairement en place que le militant de gauche
"rationnel" et "athée" est à coup sûr condamné à se
retrouver plus près de Donald Rumsfeld que d’un religieux musulman ».
Que
ce soit en Afghanistan, en Irak ou en Palestine occupée nous n’assistons pas à un affrontement entre civilisations, non
plus qu’a une guerre entre religions, même si certains services secrets font
tout ce qu’ils peuvent pour provoquer des affrontements inter-religieux. (1) La Palestine occupée et colonisée est plutôt
au centre d’une confrontation entre un peuple aspirant à recouvrer sa dignité
nationale, sa terre, ses résidences, son gouvernement, son pays, usurpé en 1947
par la volonté de l’ONU, et une formidable alliance entre les américains
associés aux puissances occidentales, soutenant de façon indéfectible le
gouvernement israélien terroriste.
malheureusement les palestiniens ne bénéficient pas d'un
tel appui indéfectible de la part de la gauche occidentale.
Les
classiques du socialisme ont été clairs
et précis sur la question de la lutte de libération nationale qu’ils ont décrit
comme étant une lutte populaire de type front uni regroupant intellectuels,
ouvriers, petits bourgeois et même
certaines
sections de la moyenne bourgeoisie contre la grande bourgeoisie
monopolistique et la bourgeoisie compradore engagée au service
des intérêts impérialistes
internationaux, ici pour le contrôle des réserves de
pétrole, et bientôt des réserves de gaz au large de Gaza et du Liban,
et des voies
d’acheminement.
De son côté, la
gauche occidentale, frileuse ou renégate, peine à articuler une position de
soutien aux luttes en cours au Proche-Orient,
particulièrement avec la lutte de
libération nationale du peuple Palestinien.
Nous avons vu à l’oeuvre la politique de la gauche plurielle dans la guerre Américaine contre l’Afghanistan. Une section
de la gauche ainsi qu’une partie du mouvement de libération des femmes saluaient
le déversement des bombes américaines sur les femmes afghanes comme autant de «roses rouges du sacrifice»
offertes à la gloire de leur émancipation.
Ont-elles pensé ces femmes occidentales à l'Afghanistan détruit à
l’uranium appauvri, saccagé par les bombes de 500 kilos, estropié par les mines
antipersonnelle et par les obus à sous munition, brûlé par les roquettes au
phosphore, mais soi-disant «libre» sous la gouverne d’Amid Karzai et des
seigneurs criminels de guerre au service
de Donald Rumsfeld et de Georges Bush ?
Grande
déception pour les gauchisantes occidentales, les femmes
afghanes ingrates, dont
on souhaitait tellement la libération ou la mort, ont
refusés l’holocauste et se
sont liguées du côté de la résistance,
dirigée par les Talibans, dans une
guerre populaire qui n’aurait jamais eu lieu sans l’appui
et le soutien du
peuple Afghan. L’armée américain ne s’y
trompe pas et elle massacre des
villages entiers soupçonnant qu’ils appuient la
résistance. Même scénario avec
la résistance multi ethnique en Irak, pareil face à
l'agression américaine contre la République islamique
d'Iran, identique au Liban avec le Hezbollah
populaire, idem aujourd’hui à Gaza avec le Hamas
résistant. (2)
Pour
se dédouaner d’appuyer du bout des lèvres et sous
conditions la résistance du
peuple Palestinien à Gaza, dirigée par le Hamas, la
gauche colporte la fable
que le Hamas aurait été créé par le Mossad
et serait téléguidé par l’Iran. Ils
sont d’accord pour que les israéliens reçoivent des
avions F-16 et F-18 et des
hélicoptères Apaches, des fusées patriotes, directement des
États-Unis, mais aussi pour que la France surveille les côtes et
détruise les tunnels et empêche le Hamas de recevoir
des kalachnikovs, quitte
ensuite à pleurer davantage quand des milliers de palestiniens
désarmés seront massacrés lors de la prochaine
invasion de
Gaza. Et voici notre gauche peinturée dans le coin aux
côtés de Kouchner et
Sarkozy, bientôt rejoint par Barak Obama et Hilary Clinton. (3)
Il
serait intéressant que les groupes de la gauche palestinienne prennent le
leadership de la lutte de libération nationale. Les gauchistes occidentaux et
la gauche caviar pourraient ainsi mieux respirer quand ils murmurent dans les rues «Libérez
Gaza». Mais qui va libérer Gaza à votre avis ? Les
organisations de la gauche palestinienne n’ont pas offert un leadership conséquent
à la résistance. Après de multiples trahisons au sein de l’OLP, elles ont finalement
enfoncé l’avant dernier clou de leur cercueil politique afin d'obtenir quelques emplois au
sein de l’Autorité sans autorité. À ce prix, les organisations de la gauche
palestinienne ont appuyé les accords de capitulation d’Oslo. Le Hamas a
toujours dénoncé et combattu ces accords de capitulation.
Encore
récemment, alors que les bombes pleuvaient sur le peuple de
Gaza, résistant
sous la gouverne du Hamas, et pendant que le Fatah réprimait les
manifestations en Cisjordanie occupée, la gauche palestinienne
publiait un manifeste signé
par trois organisations (Front Populaire de Libération de la
Palestine, Front Démocratique
de Libération de la Palestine, Parti du Peuple Palestinien)
appelant à la
réconciliation nationale entre les collaborateurs Mahmoud Abbas et Mohammed Dahlan, totalement
discrédités, et la résistance. (4) C’est un peu comme si De Gaulle, en
1940, avait
lancé un appel à la
réconciliation et à la collaboration nationale
entre le fantoche Pétain et la résistance. Par cet appel, la gauche ne réhabilitera pas
Abbas ni Dahlan qui ont jeté le blâme
sur le Hamas dès le début de l’agression israélienne, par contre, par cette
tentative de sauver ses vieux alliés la gauche se discrédite encore davantage.
Comment pourrait-elle aujourd’hui prétendre diriger la résistance ? (5)
Le
peuple palestinien ne trouvera pas protection auprès de l'ONU ou
auprès des dieux américains de la guerre (ils viennent de
livrer 3000 tonnes d'obus à Israël pour renouveler ses
stocks de gurre). Le massacre de Gaza l'a prouvé après
celui du Liban. «La Résistance est la seule protection
pour le peuple» (Hassan Nasrallah).
Nous
appuyons la Résistance palestinienne car sa cause est juste. Le préjudice subit
par le peuple Palestinien suite à la résolution 181 de l’ONU (1947) est immense
et demande réparation. Le peuple Palestinien est dans son droit d’autodéfense
par tous les moyens appropriés. (6) Cette lutte de libération nationale
trouvera sa solution quand les deux peuples habitant actuellement la Palestine
du mandat Britannique en arriveront à un accord librement négocié à l’intérieur
d’un seul état multiethnique, non raciste et exempt d’apartheid. C’était la
position initiale de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Le
Hamas se dirige peu à peu dans cette voie. (6)
Pour
ce qui est des roquettes de la résistance sur Sderot voici la réponse d’un
militant anti-sioniste : «Les Lois de Nuremberg traitent déjà du cas de la
déportation d’une population indigène suivie de son remplacement par des civils
colons (comme cela s’est produit en Palestine, à partir de 1947, et comme cela
continue, en Palestine, encore aujourd’hui). A ma connaissance, aucun membre
d’une résistance à une colonisation de ce type n’a jamais été jugé pour avoir
commis un crime d’assassinat d’un civil (ou d’un non-combattant protégé).
Pourtant, des membres de l’armée allemande ont été jugés pour avoir traité la
résistance de la manière dont Israël a traité les habitants de Gaza : ils
ont tous été jugés coupables, et condamnés à de très lourdes peines de prison,
voire à la peine capitale.» (7) Nous y souscrivons.
Nous
appuyons également cet appel d’une militante à Beyrouth : «J’ai donc une
proposition très concrète à faire : nous devons lancer un appel pour faire
retirer le Hamas de la liste des organisations terroristes. Nous devons nous
opposer aux tentatives européennes actuelles d’y placer également le Hezbollah.
C’est la moindre des choses que nous puissions faire si nous prétendons
soutenir la résistance palestinienne, libanaise et arabe.» (8)